![]() | ||
|
impossible de s’allonger. Leur but : éviter que ces bancs ne deviennent un point de rassemblement et, de fait, pas non plus un lit de fortune pour SDF. Dans la même veine, la fermeture des accès à des coins reculés comme les voûtes des ponts ou les quais de métro la nuit sont des instruments typiques de la prévention situationnelle.
A l’origine, il s’agissait de lutter contre la criminalité ?
La prévention situationnelle, avec son joli nom technocratique, c’est une politique d’aménagement de la ville qui nous vient des Etats-Unis, et qui est aujourd’hui appliquée dans beaucoup de grandes villes européennes. Le principe fondateur est qu’il existerait dans la ville des espaces propices aux actes criminels.
Il est donc possible de lutter contre la criminalité en repensant l’espace urbain. Cette politique cherche à rendre la ville inhospitalière pour les groupes potentiellement dangereux, violents ou criminels : gangs, dealers, voleurs. Elle crée un espace public transparent, sans recoin ni cachette, sans lieu à l’abri de la surveillance.
Comment en arrive-t-on au problème des SDF ?
![]() | ||
|
De plus, la prévention situationnelle est généralement pensée comme auxiliaire à l’outil policier. Il complète le dispositif qui vise à « sécuriser » la ville : en plus de rendre la ville inhospitalière, on force les « indésirables » à un déplacement continuel.
C’est le but de tous les arrêtés anti-mendicités, anti-bivouac, ou anti-camping. Ceux qui vivent dans la rue sont alors repoussés à la périphérie des villes. Mais toutes les villes n’ont pas recours au harcèlement policier pour aller cacher leur misère hors de leur centre ville. Par conséquent, certaines villes ont des politiques inhumaines d’expulsions systématiques des SDF tandis que d’autres tolèrent plus ou moins bien leur présence.
Quelles sont, selon vous, les villes françaises où la situation est difficile ?
![]() | ||
|
Je pense notamment à Argenteuil qui avait fait scandale en achetant du répulsif anti-SDF, ou à Bordeaux, Lyon et Montpellier qui ont pris des mesures anti-bivouacs et réaménagé leur centre ville.
Quoi qu’il en soit, la prévention situationnelle ne doit pas être l’unique réponse de la société aux problèmes de logement et de pauvreté. Dans ce cas-là, elle ne fait qu’empirer la situation des gens de la rue.
Pourquoi ces politiques progressent-elles ?
Ce sont les maires et les conseils municipaux qui appliquent les décisions. Mais ils le font sous la pression des lobbys locaux que sont les associations de commerçants ou les comités de quartier, lesquels demandent à la mairie de « nettoyer » les SDF de devant chez eux. C’est en fin de compte une politique pragmatique, visible et qui rencontre peu d’opposition, en comparaison aux politiques de lutte contre la misère. Il suffit de voir les difficultés que rencontrent les associations et les pouvoirs publics lors de l’installation de foyers ou de maisons d’accueil. Très souvent ces initiatives sont bloquées par les riverains qui craignent une dégradation de leur quartier.
Propos recueillis par Charly Loufrani.
Pour en savoir plus :
- Liens utiles
>> Les principes de la prévention situationnelle à Lyon
>> La prévention situationnelle selon le sociologue Jean pierre Garnier du CNRS
- Bibliographie
Urbanisme et sécurité, Les cahiers sécurité n°43
La documentation française.
ISBN 10: 3334700437
ISBN 13: 330-3334700439










RSS
Facebook
Twitter