INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES
Alors que les dérives autoritaires du régime se précisent à l'approche de l'élection présidentielle de mars 2008, Manon Loizeau (Prix Albert-Londres 2006 pour La malédiction de naître fille, diffusé par ARTE) montre comment, après avoir pris le contrôle des médias, s'être débarrassé des oligarques gênants et de l'opposition, l'État russe fait taire les dernières voix dissidentes. C'est ainsi qu'en juillet 2006, la Douma (l'Assemblée nationale) a adopté une loi autorisant les services spéciaux à liquider, même hors de Russie, toute personne considérée comme "ennemi de l'État" : un véritable permis de tuer... Dans ce contexte de chasse à l'homme, le pays est gagné par une vague grandissante de sentiment antioccidental. Andreï Lougovoï, le principal suspect dans le meurtre d'Alexandre Litvinenko, est ainsi devenu un nouveau héros russe avant d'être élu député : le symbole d'une fierté nationale retrouvée. La réalisatrice suit son irrésistible ascension (alors même que Scotland Yard réclame son extradition) et rencontre les principaux protagonistes de l'affaire Litvinenko. Elle filme également d'anciens membres des services secrets russes et recueille le témoignage exclusif d'un ex-colonel du FSB, Mikhaïl Trepachkine. Celui-ci vient de purger quatre ans de prison pour avoir dénoncé l'implication des services de renseignement dans les attentats de 1999 - qui ont permis à Poutine de relancer la guerre en Tchétchénie et de succéder à Boris Eltsine. Au-delà des assassinats, c'est bien une machine à supprimer toute forme de contestation qui a été mise en place en Russie.







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