Bien au contraire. En y regardant de plus près, on trouve des dizaines d’exemples d’individus, d’institutions ou d’initiatives dont l’engagement a été déterminant pour la prévention de la violence et la résolution des conflits : et ce toutes religions et cultures confondues, dans toutes sortes de conflits : - En 1978, après des décennies de tensions, la guerre semblait imminente entre l’Argentine et le Chili. De nombreux médiateurs avaient échoué dans leur mission ; c’est alors que le Pape Jean-Paul II, fraîchement élu, intervint. Grâce à son envoyé spécial, la guerre fut évitée et les parties revinrent à la table des négociations. Compétent et persévérant, il proposa diverses solutions. Lorsqu’en 1983, la situation politique évolua en Argentine, il suffit de quelques mois pour que les deux Etats signent un accord de paix et d’amitié sur la base de ces propositions. Grâce au Pape, un conflit centenaire avait été réglé pacifiquement et définitivement.
- Lorsqu’en 1994 au Rwanda, les Hutus chrétiens massacrèrent un million de Tutsis en 100 jours, seuls les Rwandais musulmans s’opposèrent à la violence en se fondant sur le Coran. Ils allèrent jusqu’à cacher des fugitifs, leur procurer des vivres et les accueillir dans leurs mosquées ; ils payèrent souvent cette solidarité de leur vie. Ils portèrent indistinctement secours aux Hutus et aux Tutsis, aux musulmans et aux chrétiens. Aucun dirigeant musulman ne fut accusé de génocide. Au contraire, le président du Rwanda leur demanda d’« apprendre à la population la vie en commun ».
- A la fin des années 1980 en RDA, c’est en grande partie grâce à l’Eglise protestante que le changement de système eut lieu sans violence. Grâce à la prière, elle créa un climat pacifique avant les manifestations régulières du lundi, qui jouèrent un rôle essentiel dans le changement politique. Toutes tendances politiques confondues, les opposants purent se réunir et s’organiser sous les auspices de l’Eglise. Ses relations avec les politiques et les artistes permirent d’éviter que les parties n’aient recours à la violence. Après la réunification, les représentants de l’Eglise assumèrent fréquemment des responsabilités politiques en prenant part à des consultations, tant dans les parlements qu’au sein des gouvernements.
- Quelques années plus tôt, en 1986, le dictateur philippin Marcos fut renversé sans escalade de violence ni guerre civile, en grande partie grâce à l’implication de l’Eglise catholique. Les communautés religieuses et le clergé régulier enseignaient et pratiquaient déjà la résolution pacifique des conflits depuis des années, contre la volonté de la plupart des évêques. Des ecclésiastiques incitaient les résistants à utiliser des méthodes non-violentes au lieu de prendre les armes. Les médias religieux représentaient la seule source d’information indépendante et furent indispensables à l’organisation de la révolution pacifique. Lorsque la situation s’aggrava en février 1986, c’est Monseigneur Sin, le cardinal de Manille, qui condamna la fraude électorale, appela le peuple à manifester et négocia dans l’ombre, provoquant ainsi la chute du tyran.
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