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SPECIALE SUPERHEROS - 23/05/12

Flesh Gordon - Le saigneur des rings

Un reportage de Julie Terrasson

Sur les rings, le tonton catcheur flingue ses adversaires à la vitesse de l'éclair.

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En 1980, la moustache de Freddie Mercury frétille lorsqu'on lui propose de chanter les louanges du super-héros Flash Gordon.

Né en 34 dans les comics américains, Flash Gordon, Guy l'éclair de son p'tit nom français, devient un feuilleton culte en 54. À l'époque, un garçon de 10 ans flashe sur la série et n'en loupe aucun épisode. Son nom : George Lucas.

Créé deux ans plus tard, Flash Gordon a le même tailleur et les mêmes arguments coups de poing que Superman.

Adapté deux fois au cinéma, prévu pour sortir en 3D, Flash a aussi sa version X : Flesh Gordon ou Guy la Chair. Aussi parodique que lubrique, on y voit Flesh lutter contre un rayon sexuel qui transforme les terriens en pervers.





Depuis 40 ans, Flesh Gordon existe en chair et en muscles. Vêtu comme son héros d'une combinaison bleu électrique zébrée d'un éclair jaune, le super-héros du catch français est doté de super-pouvoirs qui font des étincelles sur le ring et auprès des femmes.

Né en 53 en banlieue parisienne, élevé par sa mère adoptive femme de ménage, Gérard Hervé découvre le catch à l'adolescence.





Un jour de 80, la vie de l'agent d'assurance bascule. Il se précipite dans un magasin de sport pour s'acheter un juste au corps. Désormais, il sera Flesh Gordon, le catcheur qui dégaine ses clefs de bras à la vitesse de l'éclair. Ses exploits font le tour des rings de la planète comme ici en 87, au Gabon, où il est invité à mettre la pâté au terrible Marquis Richard de Fumolo de la Rossignolette.

L’année suivante, Flesh gagne le titre de Champion d’Europe avant de décrocher quatre ans plus tard la timbale : Champion du Monde des mi-lourds.

"Ce que me disait ma mère, adoptive ; elle me disait "C’est bien ton truc", comme elle disait, "ton truc, c’est bien, mais faut aimer se faire mal". Alors j’ai dit "Oui c’est mieux que si je me faisais du mal tout seul". Elle me dit "Oui, bien sûr, mais faut aimer quand même". Et c’est vrai, mais tu sais quand tu vas dans un sport de combat où il y a du contact… Obligatoirement t’aimes… t’aimes pas te faire mal, mais t’aimes la douleur quelque part."

Depuis 94, Flesh Gordon a fait de la paisible commune de Faremoutiers, située à 50 km de Paris, son repaire. Ici, le catcheur électrique livre ses secrets à ses élèves.

Directeur technique national de la fédération française, Flesh défend un catch "sportif", à mille lieues du tape à l'oeil made in USA, où il n’a d'ailleurs jamais mis les pieds !

Dix-sept fractures ouvertes, 100 kilos de muscles, un mètre quatre-vingt entièrement dédié à l'art d'aplatir son adversaire, à 59 ans, Flesh Gordon n'a toujours pas raccroché sa combinaison en lycra.

Seule différence, il officie désormais dans la catégorie poids lourds, comme ici au dernier Festival Souterrain Porte 6.





Réalisateur : Zoltan Hauville
Ingénieur du son : Maya Rosa

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vendredi, 1 juin 2012 à 01:50
Pas de rediffusion
(France, 2012, 54mn)
ARTE F

Edité le : 23-05-12
Dernière mise à jour le : 23-05-12