« Messieurs les députés, qui est pour la proposition de destituer le gouvernement ? »
Acte I : Retour en arrière. Le gouvernement tchèque en place depuis l’automne 2007 fait preuve de ténacité hors norme, puisque, depuis ses débuts, il ne possède que le soutien de 101 députés sur 200, soit une majorité d’une seule voix. Cependant, des luttes internes entre les trois formations qui composent l’exécutif sont fréquentes : le parti démocratique des citoyens (ODS) de droite, les libéraux centristes et les Verts de Martin Bursík, de sensibilité plutôt écologico-socialiste. De plus, le gouvernement entame un combat épuisant avec Václav Klaus, le Querelleux, président de la République tchèque. Ces luttes ne cessent pas lorsque le pays prend en main la présidence de l’UE début 2009, elles ne font que s’accentuer. Le Premier ministre, Mirek Topolánek le Téméraire se voit alors obligé de remanier son gouvernement dès fin janvier.
Acte II : La chute. Malgré les efforts du Téméraire, la catastrophe finale semble inévitable. Bien que le gouvernement ait déjà survécu à trois motions de censure au cours des seize derniers mois, la question de confiance posée par l’opposition sociale-démocrate et son leader Jiří Paroubek le 24 mars 2009 fait peur à tout le monde. Mais finalement, ce sont les deux députées des Verts Olga Zubová et Věra Jakubková qui retirent leur confiance au gouvernement, ainsi que le député ODS Vlastimil Tlustý. Celui-ci est un grand défenseur du président Václav Klaus et un ennemi personnel de Mirek le Téméraire. Le gouvernement ne tombe donc ni pour des raisons économiques (comme l’affirment certains journaux en établissant un parallélisme qui n’a pas lieu d’être avec les gouvernements hongrois et letton, également tombés la semaine dernière) ni pour des raisons politiques, mais bien pour des raisons purement personnelles.
Acte III : Le dénouement. Le lendemain, le président Klaus le Querelleux accepte la démission du gouvernement. Les luttents personnelles entre députés resteront au quotidien du Parlement tchèque tout au long des prochains mois : l’opposition a déjà annoncé qu’elle va « tolérer » ce gouvernement jusqu’à la fin de la présidence tchèque en juin, mais « uniquement si le ministre de la Justice Jiří Pospíšil et le ministre de l’Intérieur Ivan Langer démissionnent ». L’homme fort du moment n’est alors
pas le président Václav Klaus, dont les pouvoirs constitutionnels sont très réduits, mais le leader social-démocrate Jiří Paroubek. Son parti a d’ailleurs déjà annoncé qu’il ne songeait « même pas à donner son soutien au gouvernement Topolánek jusqu’aux prochaines élections ». La guerre de succession a donc bel et bien commencé… Rideau.








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