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ARTE Journal - 02/01/13

États-Unis : la menace du "mur budgétaire"

Les Etats-Unis ont bien failli commencer l'année par la cure d'austérité forcée du "mur budgétaire". Heureusement, un compromis sur les impôts adopté dans la nuit du 1er au 2 janvier donne un peu d'air à l'économie américaine. Vainqueur de ce bras de fer, le camp démocrate de Barack Obama a marqué des points mais rien n'est gagné. Conformément aux voeux du président l'accord contient des hausses d'impôts pour les plus riches et repousse de deux mois toute coupe claire dans les dépenses publiques. Surtout, contrairement à ce que demandaient ses adversaires républicains, il ne remet pas en cause la réforme sur la santé, grand chantier du premier mandat de Barack Obama. La bouffée d'oxygène sera cependant de courte durée : républicains et démocrate devront à nouveau rechercher l'impossible compromis dans les deux mois pour relever le plafond de la dette américaine, comme en 2011. On se souvient qu'à l'époques ce même débat avait provoqué une crise politique d'importance et précipité la dégradation de la note américaine auprès d'une des principales agences de notation.

(ARTE Journal, 28/12/2012)

16 394 milliards de dollars. Cette somme astronomique c'est le plafond légal de la dette publique américaine que les États-Unis s'apprêtent à crever lundi prochain. Pour éviter un défaut de paiement, des mesures exceptionnelles devraient être prises a déclaré Timothy Geithner, le secrétaire américain au Trésor. Face à l'urgence, Barack Obama a décidé d'écourter ses vacances à Hawaï pour tenter de trouver un compromis avec les républicains. Objectif : éviter au pays le « Fiscal cliff » ou « Mur budgétaire », un plan de rigueur imposé qui pourrait plonger les États-Unis dans la récession.

Droit dans le mur
Aux États-Unis, un niveau maximum de la dette a été fixé politiquement. En août 2011, un accord entre démocrates et républicains obtenu à l'arraché a fixé le plafond de la dette à 16 394 milliards de dollars. Si ce plafond est dépassé, le pays n'a plus théoriquement le droit d'emprunter sur les marchés que ce soit pour se financer ou pour rembourser ses créanciers. Un an et demi après, rebelote. Ce scénario catastrophe pourrait devenir réalité le 31 décembre si rien n'est fait.
Pour éviter le pire, le Trésor américain doit prendre des mesures exceptionnelles. Elles consistent essentiellement à suspendre les versements aux caisses de retraite des fonctionnaires. Un ballon d'oxygène de 200 milliards de dollars qui doit permettre à l’État fédéral de respirer deux mois supplémentaires. Mais selon Timothy Geithner impossible de prévoir la durée de vie de ces mesures en raison de l'incertitude qui existe aujourd'hui concernant les négociations sur le mur budgétaire.
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Toujours pas de compromis
Après des semaines de tractations, républicains et démocrates n'ont toujours pas réussi à s'entendre sur la politique budgétaire de fond à mener pour réduire le déficit américain. Il leur reste 4 jours. Quels sont les points de désaccord ? Les démocrates refusent de faire supporter les nouvelles hausses d'impôts aux classes moyennes et voudraient voir les américains les plus aisés financer l'essentiel des efforts. Et puis pas questions de réduire les dépenses publiques, moteur selon eux de la faible croissance de l'économie américaine. Ce que contestent les républicains qui veulent démanteler les réformes de la santé et des retraites mises en place par l'administration Obama.
John Boehner, le leader républicain de la chambre des représentants a déclaré dans un communiqué que « les lignes de communication restaient ouvertes » mais que son parti attendait maintenant un geste de la part des démocrates. Sans accord d'ici le 31 décembre, les États-Unis auront donc droit à 200 milliards de hausses d'impôts et 400 milliards de coupes automatiques dans les dépenses, notamment des réductions de budget dans les ministères, le tout sans aucun vote du Congrès. Une cure d'austérité forcée qui selon certains économistes aurait pour effet de faire à nouveau entrer la première économie mondiale en récession, ce que les adversaires des deux camps voudraient à tout prix éviter.


©ARTE Journal
Yannick Cador pour ARTE Journal

Edité le : 27-12-12
Dernière mise à jour le : 02-01-13