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L'Apocalypse

Comment l’attente de la fin des temps, qui animait une secte juive de disciples de Jésus, a-t-elle réussi à devenir la religion unique et officielle de l’Empire romain ? Après Corpus christi et L’origine du christianisme, la nouvelle grande enquête de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat.

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L'Apocalypse

Comment l’attente de la fin des temps, qui animait une secte juive de disciples de Jésus, a-t-elle réussi à devenir la religion unique et officielle de (...)

L'Apocalypse

05/02/09

Édition DVD et livre

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Corpus Christi, L'intégrale

Corpus Christi, L'Origine du christianisme, L'apocalypse
Coffret de 12 DVD
Trois livrets et des entretiens filmés avec Jérôme Prieur et Gérard Mordillat accompagnent le coffret.

Le coffret est disponible dans www.arteboutique.com
Une coédition ARTE Vidéo et ARCHIPEL 33
prix : 100€

L'apocalypse

Coffret de 4 DVD
Un livret et un entretien filmé avec Jérôme Prieur et Gérard Mordillat accompagnent le coffret.

Le coffret est disponible dans www.arteboutique.com
Une coédition ARTE Vidéo et ARCHIPEL 33
prix : 50€


Jésus sans Jésus

La christianisation de l'Empire Romain
Une coédition ARTE Éditions / Le Seuil
14.5 x 22 cm, 280 pages, 24 €

Après le succès de leurs précédents essais (Jésus contre Jésus, puis Jésus après Jésus), les auteurs des deux grandes séries d'ARTE Corpus Christi et L'Origine du christianisme entament une nouvelle plongée dans l'histoire des débuts du christianisme.

Comment et pourquoi s’est produit, entre la fin du Ier siècle de notre ère et le début du Ve, un événement considérable pour l’Occident : la naissance d’une religion, le christianisme. Quelles ont été les étapes et les tournants décisifs de cette histoire ? Comment le messianisme d’un courant marginal du judaïsme, entièrement tourné vers l’attente de la fin des temps, a-t-il pu aboutir à une nouvelle religion, et même à la religion officielle de l’Empire romain, malgré l’obstacle du paganisme, les conflits internes au mouvement chrétien, les mesures de persécution ? « Jésus attendait le Royaume et c’est l’Eglise qui est venue », a-t-on dit. La conversion de l’Etat au christianisme était-elle vraiment inéluctable ?

Nous publions ci-dessous la préface de Jésus sans Jésus.


préface : Pourquoi ? Comment ?


Toujours la même question, lancinante…
Toujours la même image qui hante l’histoire de l’Occident…
Toujours la même et lancinante image qui nous interroge depuis nos séries de films – Corpus Christi, L’Origine du christianisme, L’Apocalypse –, depuis nos précédents essais – Jésus contre Jésus, Jésus après Jésus 1

1 Jésus contre Jésus, Paris, Éd. du Seuil, 1999 ; Jésus après Jésus, Paris, Éd. du Seuil, 2004.

L’image d’un juif de Galilée, originaire d’une campagne reculée dans une province de l’Empire qui, vers l’an 30 de notre ère, meurt à Jérusalem crucifié par les Romains. Un pauvre hère dont seul le nom est parvenu jusqu’à nous, sans que l’on sache même qui était son père.

Ainsi, dans les évangiles, Jésus n’est jamais désigné comme le fils de Joseph. « N’est-il pas […] le fils de Marie ? » s’étonne au contraire l’évangéliste Marc (Mc 6,3). Que Jésus ait été connu, à son époque, comme le « fils de sa mère » n’était pas vraiment flatteur. Sa naissance était-elle si douteuse, était-il né d’un père inconnu, était-ce un bâtard, un fils de la prostitution ? Accusations fondées ou calomnies ? Elles seront portées contre Jésus de son vivant et bien après.

Prophète itinérant, guérisseur, exorciste ; les mauvaises langues persifleront : « magicien ». Personnage indéniablement charismatique, au point de laisser une trace vive dans la mémoire de certains de ses contemporains, le cercle de ses disciples. Illuminé sans doute, au point d’être considéré par les autorités romaines comme un trublion exalté. Mais fauteur de troubles tout relatif, puisque, à se fier aux évangiles, aucun de ses hommes ne fut arrêté. C’est dire la modestie et la faiblesse de ses troupes.



Jésus sans Jésus
La christianisation de l'Empire Romain
Gérard Mordillat et Jérôme Prieur
Une coédition ARTE Éditions / Le Seuil
14.5 x 22 cm, 280 pages, 24 €
Comme bien d’autres juifs de son temps, Jésus n’était rien ni personne pour les Romains. Il n’avait pour lui que son espérance de la venue du Royaume de Dieu, c’est-à-dire la restauration du royaume d’Israël, lavé de la souillure majeure qu’était la présence des impies sur la terre sacrée. Sa mort sur la croix n’était d’ailleurs infamante que du point de vue romain ; du point de vue juif, elle est celle d’un rebelle exécuté par les occupants honnis.

Jésus dit de Nazareth ou le nazôréen (« l’observant », ce qui n’a rien à voir avec la géographie), illustre et inconnu, « issu de la lie du peuple » (Voltaire), a eu une chance unique dont n’a bénéficié aucun de ses alter ego tués par les Romains. Rien du vivant de ce Galiléen ne laissait présager qu’il rencontrerait, au fil des siècles, un succès posthume aussi éclatant.

Assez rapidement après son supplice, Jésus a été reconnu comme le Christ, le Sauveur, le Seigneur. Pour sa plus grande gloire, il est devenu l’objet d’un récit. La matière d’une histoire sidérante : celle d’un être humain qui vit, meurt et ressuscite ; celle d’un homme ordinaire, humilié, torturé, assassiné, qui s’avérera être le fils de Dieu, puis l’incarnation de Dieu, Dieu lui-même…


Le tombeau vide

Le rocher taillé, au dire des évangiles, par Joseph d’Arimathie pour offrir à Jésus une sépulture intacte, la tombe d’où le cadavre a disparu, le fameux « tombeau vide » cher à la tradition chrétienne, est devenu un Tombeau au sens littéraire du terme. Les auteurs qui, pour leurs communautés, ont écrit l’élévation de Jésus en Christ, la « christologie », c’est-à-dire l’interprétation théologique de son rôle dans le plan divin, vont lui dresser un mémorial. Un mémorial sur lequel l’Église va désormais se bâtir, « tombeau, confident de mon rêve infini 2 ».

2 Charles Baudelaire, « Remords posthume », in Les Fleurs du Mal.
Ces écrivains, ces théologiens qui écrivent (en grec) dès la seconde moitié du Ier siècle, soit une à deux générations seulement après la mort de Jésus, sont des témoins aussi essentiels que l’apôtre Paul et ses épîtres (dans les années 50-60), les quatre évangélistes Marc, Matthieu, Luc et Jean (dans les années 60-80), le narrateur des Actes des Apôtres (dans les années 80-90), sans compter les auteurs, tout aussi anciens pour certains, des écrits ultérieurement considérés comme « apocryphes » et dont la transmission en dehors des canaux autorisés a été, de ce fait, plus marginale.


Le loup et l’agneau

Ainsi Jésus est-il devenu Christ, Jésus-Christ.
Mais, surtout, il est devenu le fondateur d’une religion à laquelle lui-même n’a jamais appartenu, ni même songé. Une religion concurrente de la religion de ses ancêtres, cette religion juive dont il n’a cessé d’être un observant jaloux et zélé : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël » (Mt 15,24), affirme-t-il dans l’évangile de Matthieu, ordonnant pareillement à ses disciples de n’aller que « vers les brebis perdues de la maison d’Israël » (Mt 10,6).
Le christianisme va ignorer la dimension ethnique de cette parole.

Pour construire son identité, il va au contraire se dresser contre le judaïsme auquel Jésus appartenait. D’abord juifs et uniquement juifs, les chrétiens seront débordés par les croyants venus du paganisme qui, bientôt, vont devenir majoritaires. Ces « pagano-chrétiens » se veulent les meilleurs puis les seuls héritiers de la tradition d’Israël. Se séparant peu à peu du judaïsme, ils iront jusqu’à se proclamer « véritable Israël », revendiquant d’être l’Israël du cœur et de l’esprit. À l’arrachement ont donc succédé rapidement, et sous diverses formes, l’hostilité, souvent le rejet, parfois la haine ; et le mot est faible.

Mais, en même temps que se produisait cette séparation d’avec le judaïsme originel, une autre rupture tout aussi surprenante avait lieu qui mettra trois siècles à être consommée : Rome, ce « Vatican du paganisme », devenait chrétienne, selon la formule de Peter Brown, le grand historien contemporain du christianisme 3 . Le loup se muait en agneau, l’ennemi juré se faisait protecteur. Retournement certes lent pour ceux qui l’ont vécu, mais d’une rapidité presque foudroyante compte tenu des changements idéologiques, politiques, mentaux qu’il impliquait.

3 Cité par Paul Veyne, L’Empire gréco-romain, Paris, Éd. du Seuil, 2005, p. 613.

« Jésus annonçait le Royaume et c’est l’Église qui est venue », a-t-on répété, en reprenant le célèbre aphorisme d’Alfred Loisy (1857-1940) dans L’Évangile et l’Église 4 – sorte de « patate chaude » de l’exégèse chrétienne depuis un siècle, qui valut à ce prêtre et professeur de Nouveau Testament à l’Institut catholique de Paris d’être écarté de l’enseignement, mis au ban de l’Église catholique, excommunié pour ses écrits comme le capitaine Dreyfus fut dégradé pour trahison au front des troupes. Peu après, soutenu par ses amis, Loisy sera élu au Collège de France où il fera officiellement entrer le « modernisme », donnant ses cours « invisiblement paré du grand cordon de l’excommunication majeure », dixit avec admiration son adversaire rationaliste Paul-Louis Couchoud 5 .

4 L’Évangile et l’Église (1904), Paris, Noesis/Agnès Viénot, 2001, p. 116.
5 Le Dieu Jésus, Paris, Gallimard, 1951, p. 43.

Jésus annonçait la Fin des temps et la restauration du royaume d’Israël pour les hommes de sa génération, comme l’ont souligné de nombreux auteurs et d’abord, premiers d’entre eux, les trois évangélistes dits synoptiques (Marc, Matthieu, Luc). Mais, la Fin des temps n’arrivant pas, une institution s’est peu à peu installée à la place du Royaume espéré. Une Église, avec ses hiérarchies, ses structures, ses doctrines.

Entre 312 et 380, cela aboutira à la création, loin, très loin de la religion d’Israël, d’une religion d’État. L’Empire romain sera le Royaume où il n’y aura plus d’autre choix que d’être chrétien. Ceux qui s’écarteront de ce que l’Église enseigne seront inexorablement persécutés.
Hors de l’Empire, point d’Église.
Hors de l’Église, point de salut.


Remonter dans le temps

Pour remonter dans le temps, H.G. Wells avait besoin d’une machine dont il devait « s’assurer de la solidité des écrous », il lui fallait mettre « une goutte d’huile à la tringle à quartz » avant de s’installer sur « la selle » et d’avancer dans le passé. Pour faire l’histoire des débuts du christianisme, notre machine n’a besoin ni d’huile ni d’écrous, mais de littérature.

Comme la reconstitution de l’existence du Jésus historique ou des débuts du « christianisme » primitif, celle du processus de christianisation de l’Empire romain entre la fin du Ier siècle et le début du IVe siècle est tributaire d’une littérature interne lacunaire, fragmentaire.

Apologies devant les autorités, controverses, traités de théologie, ces textes ont fonction de cohésion, de propagande, de représentation. C’est à travers ces archives internes que l’on peut parvenir à lire, mais en creux, les réactions païennes : ce contre quoi, à différentes époques et dans différents contextes, les chrétiens ont dû se défendre, ce que les païens proposaient dans le débat religieux ou philosophique comme sur le terrain civique.

Hormis quelques documents juridiques ou historiques émanant des Romains, les autres sources, en effet, sont rares, et leur rareté leur confère une sorte de valeur « sacrée », indis-cutable. Dominant, le point de vue « païen » avait pour lui, si ce n’est force de loi, du moins la force de l’habitude, le poids de la normalité, de l’évidence ; aussi n’avait-il pas vocation à s’écrire.

Le terme est, d’ailleurs, extrêmement significatif, puisque les païens ne se sont jamais désignés comme « païens ». C’est le regard chrétien ultérieur qui a créé des non-chrétiens, des polythéistes, comme on dirait aujourd’hui (sachant que, hormis les juifs puis les chrétiens, le monde antique tout entier vivait dans la conviction de la pluralité des dieux). Ce n’est pas un hasard si le terme n’apparaît qu’au début du IVe siècle, de manière moqueuse, avant d’entrer dans la terminologie officielle et administrative vers l’an 370. C’est bien à partir du moment où les chrétiens sont en capacité de penser le monde et de l’ordonner que devient possible la désignation des autres comme pagani, « paysans » (par rapport aux citadins qui constituent principalement les ouailles chrétiennes).

Ce qui est plus significatif encore, c’est que la désignation, chrétienne, des « païens » est devenue pour nous la seule référence utilisable aujourd’hui, au point d’être contraints de l’appliquer à une époque où elle n’aurait eu aucun sens.


Christianisation rétroactive

En réussissant à s’imposer et à s’inscrire dans la durée, le christianisme a christianisé son passé. Il a même pu réécrire le récit de ses origines comme s’il s’agissait de sa seule et véritable histoire.

Prenons l’exemple d’Eusèbe, l’évêque de Césarée (v. 260-340).

C’est Eusèbe qui, au début de ce même IVe siècle, entreprend pour la première fois un monumental et précieux récit des débuts du christianisme, l’Histoire ecclésiastique. À la manière des autres histoires de l’Antiquité, le livre rassemble et compile, en plusieurs volumes, opinions personnelles et récits indirects, témoignages et documents anciens, pour couvrir la longue période qui va des apôtres jusqu’à la fin de la persécution de Dioclétien et à l’apothéose du christianisme après la conversion de Constantin. « Comme, dans une ténèbre profonde et une nuit très obscure, on allume subitement pour tous un grand luminaire qui est le salut de tous, Dieu conduisit par la main son serviteur Constantin “à bras élevé” vers ce pays », écrit Eusèbe comme s’il peignait à fresque. « C’est donc à cet homme que, du haut du ciel, comme un fruit digne de sa piété, Dieu accorda les trophées de la victoire sur les impies » (Histoire ecclésiastique, X, 8, 19-9, 1).

L’art de la lecture oblige à lire entre les lignes, non pas nécessairement la vérité de l’histoire, mais les vérités auxquelles croyaient ses acteurs, les constructions dont ils avaient besoin, les clefs qui leur étaient indispensables pour surmonter l’adversité, pour comprendre les rêves et les visions qui les inspiraient. Le lecteur d’Eusèbe de Césarée doit essayer de démêler l’extraordinaire du banal, le probable et le possible du faux et du légendaire, comme il doit le faire pour d’autres historiens chrétiens de la fin de l’Antiquité qui ne sont pas toujours d’aussi admirables stylistes.


Descente aux archives

La richesse des sources chrétiennes tient beaucoup au fait que les chrétiens ont transmis leur littérature. Ils ont copié et recopié les écrits des premiers théologiens, les Pères de l’Église, qu’ils aient adhéré ou non à leurs thèses et que ces thèses aient été ou non considérées ultérieurement comme hérétiques ou orthodoxes.
Ainsi ont-ils permis que des textes chrétiens essentiels parviennent à nous atteindre, comme le Dialogue avec Tryphon de Justin, écrit vers 160, qui ne nous est connu que par un seul manuscrit grec du XIVe siècle, transmis jusque-là, alors que les manuscrits intermédiaires se sont perdus. D’un autre côté, les chrétiens ont certainement fait disparaître des ouvrages qu’ils n’avaient aucune raison de diffuser, dès lors que le christianisme était devenu la norme commune : les œuvres polémiques du philosophe Porphyre ou le discours contre les Galiléens (les chrétiens) de l’empereur Julien dit l’Apostat ne sont connus que par de rares fragments qui ont échappé aux autodafés. En revanche, il faut rappeler que, si nous connaissons Le Discours vrai de Celse, écrit vers la même époque que le traité de Justin mais d’un point de vue résolument antichrétien, c’est que le grand théologien d’Alexandrie Origène, soixante-dix ans plus tard, l’a cité méthodiquement pour le réfuter, assurant du même coup son sauvetage.

Dernier aspect qui relativise la nature unilatérale de ces archives internes : le christianisme, obsédé par l’idée d’orthodoxie, n’a pourtant jamais constitué une pensée monolithique. Au regard du dogme catholique tel qu’il se figera à partir du Ve siècle, beaucoup de Pères de l’Église sont hérétiques !

De même, le Nouveau Testament n’est pas un texte dont la lettre est sacrée comme le sera celle du Coran, mais une bibliothèque composée de vingt-sept livres, ouverts aux disputes et aux tensions (sans compter que nous connaissons plusieurs milliers de variantes qui en témoignent matériellement). Le christianisme qui précède le christianisme officiel de l’Empire romain est traversé de déchirures et de rivalités d’interprétation qui sont toujours lisibles. Avant qu’une norme commune ne soit imposée, ces textes laissent apercevoir les débats souvent vifs, les différentes alternatives, comme les solutions qui ont prédominé.

Que faire de la Bible juive ? Faut-il continuer d’attendre la Fin des temps ? Doit-on combattre ou respecter les autorités impériales ? Faut-il témoigner de sa foi en allant jusqu’au martyre ? Voilà, à des échelles différentes, quelques-unes des questions cruciales qu’ont dû affronter les chrétiens.

Chercher leurs réponses permet de comprendre comment le petit groupe d’adeptes d’un personnage méprisé qui attendait un événement illusoire, comment ce courant marginal du judaïsme a pu, malgré les conflits internes, malgré les obstacles extérieurs, malgré les mesures de répression, donner naissance à une nouvelle religion.

Quels ont été les nœuds et les tournants de ce renversement capital pour l’histoire de l’humanité ? Pour tenter de le savoir, il faut varier les points de vue et les angles d’approche, isoler, réduire, grossir certains moments révélateurs d’une histoire qui n’a, évidemment, jamais été linéaire. L’émergence du christianisme n’a reposé sur aucun programme, elle s’est produite au milieu des soubresauts, des aléas, des hasards.

Charles Guignebert, inaugurant son cours à la Sorbonne au début des années 1920, voulait, disait-il en préalable, « démontrer que l’histoire chrétienne est une histoire comme les autres, que les faits qui la constituent sont des faits comme les autres, qui sont connus par des textes accessibles comme d’autres à la recherche critique, poussée en dehors de toutes les confessions, dans l’absolue sérénité de l’indifférence scientifique 6  ». À notre tour nous souhaitons partager cette ambition et parvenir à cette sérénité, tout en sachant bien que la question des origines du christianisme n’est pas seulement d’ordre historique, puisque la nouvelle religion a duré bien au-delà de l’Antiquité tardive et que, seize siècles plus tard, elle continue de gouverner les âmes, de façonner les consciences, et même de garantir l’ordre public des sociétés d’une bonne partie du monde.
Alors revient, plus lancinante encore, la question initiale…
Pourquoi, comment ?

6 Cité par Paul-Louis Couchoud, ibid., p. 49.




Edité le : 25-11-08
Dernière mise à jour le : 05-02-09