Ils s'appellent EllenJo, Danielle ou Fletcher, ne se connaissent pas, mais ont en commun un regard, des sourcils hauts ou encore ce geste pour glisser leurs cheveux derrière l'oreille. Depuis qu'ils ont appris, tôt ou tard, qu'ils sont nés par insémination artificielle, chacun d'eux n'a cessé de l'imaginer, de le fantasmer, ce père invisible, le donneur n° 150. Certains ont même fini par se rencontrer, frères et soeurs du hasard, grâce à un registre dédié, et à la faveur d'un article du New York Times qui relatait leurs recherches.
Un journal que lui, le donneur anonyme, découvre - facétie du destin - dans une poubelle. Hippie échoué avec chiens et pigeon dans un camping-car sur une plage de Venice, à Los Angeles, Jeffrey Harrison n'a pas la tête de l'emploi "paternel", lui qui a donné son sperme pour arrondir ses fins de mois. Mais cette nombreuse (et inattendue) progéniture va bouleverser sa vie, sans pour autant la changer. C'est cette filiation "bizarre", selon le mot que tous répètent en boucle, que le film approche avec délicatesse et dans toute sa complexité. Celle de la première génération née par insémination artificielle et en âge aujourd'hui d'interroger ses origines. Une poignante quête d'identité qui, au-delà de cette spécificité "moderne", renvoie aussi chacun à la sienne.





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