Mais est-il possible pour deux êtres blessés, enflammés, de s’aimer dans un univers rugueux ? Matty a 3 enfants, et 2 amours : Werner, mari parti du logis mais pas encore de son cœur, et Johnny, rouquin flamboyant, qui illumine son quotidien. Et elle hésite… Dire que ce rôle sied bien à Barbara Sarafian serait faible : c’est une seconde peau pour elle que cette femme lasse qui « s’obstine à tout tartiner de moutarde pour ne goûter à rien », comme le dira si bien Johnny. Toujours sur le fil, elle continue d’avancer en ligne droite. Le réalisateur a choisi de nous la montrer, déambulant avec ou sans sa tribu, dans de grands plans larges. Et c’est en prenant du recul que le réalisateur brosse ainsi un portrait de vie criant de vérité, bouleversant de réalisme. 20 jours de tournage, c’est assez pour saisir la transformation de Matty, de quadragénaire désabusée en femme-enfant désireuse de plaire, et heureuse parfois comme une gamine. Assez pour capter la solitude et la personnalité tourmentée de Johnny, alcoolique violent mais repenti, à qui Jurgen Delnaet insuffle une bouffée d’humanité… comme un appel d’air. Mais peut-on jamais oublier ses démons et une paire de chaussures rouges pardonne-t-elle une paire de gifles ? Une question à laquelle tente de répondre le film.
Une histoire de rétroviseur, fixé sur le présent et sur le passé, une histoire sur la dignité de gens simples, bref, une histoire universelle. Mais de toute façon, « c’est en cherchant les faits simples de tous les jours que l’on parvient à l’universalité d’un film », aime à dire Jurgen Delnaet.Matty voulait être « vachement heureuse ». C’est le pire qu’on souhaite à Christophe Van Rompaey et au cinéma belge, qui nous touche au cœur, par son message d’espoir et par le regard lucide qu’il porte sur notre monde.
Mélanie Thoinet, Lycée Carnot, Cannes







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