Les Français aiment tellement les Allemands qu'au cours de l'histoire, ils les ont affublés de différents noms d'oiseaux plus charmants les uns que les autres.Regardons cela d'un peu plus près. La pire insulte, c'est le mot "boche". L'apparition de BOCHE remonte à la seconde moitié du 19 ième siècle, vers 1860, et "boche", ça viendrait d' "ALBOCHE". Alboche est terme un peu plus ancien formé du préfixe "AL", abréviation de "allemand" et du suffixe "boche". Et boche, avant de désigner l'ennemi allemand, était utilisé dans l'argot du 19ième siècle dans l'expression "tête de boche" pour désigner une personne à la tête dure, "une tête de bois" puisque "boche", à l'origine, c'est une boule, une boule en bois comme celle que l'on lance dans un jeu de quilles, par exemple.
Donc, je résume: la boche, la boule de bois le boche, l'homme à la tête de bois, l'Alboche, l'Allemand à la tête de bois, qui, abrégé, redevient boche. Comme l'attaque est la meilleure défense, il y a une entreprise d'électroménager allemande, BOSCH pour ne pas la nommer, qui a judicieusement joué de cette homonymie dans son slogan : " c'est bien, c'est beau, c'est Bosch". Audacieux et efficace ! Autre dénomination très peu sympathique: CHLEU ou bien CHLEUH avec un H ou parfois encore SCHLEU avec un S devant. D'où vient ce mot dont la prononciation avec le son "sch" rappelle certaines caractéristiques de la langue allemande ?
Ecoutez bien: CHLEUH, c'est le nom des populations berbères du Maroc occidental. Les soldats français qui combattent au Maroc au début du 20ième siècle appellent ainsi les soldats des troupes territoriales. A leurs yeux, ce sont des sauvages, des barbares qui parlent une langue incompréhensible. Ce terme importé en France désigne alors les Alsaciens et autres frontaliers qui parlent une autre langue que le français, on dit que ce sont des chleuhs qui parle schleu, puis ce terme désigne le soldat allemand avant de désigner plus largement l'occupant allemand pendant la second guerre mondiale. Nous terminerons par une désignation moins violente mais non moins péjorative : le Fritz. Fritz est un prénom commun en Allemagne, notamment à la fin du 19ième siècle, c'est le diminutif de Friedrich, l'un des prénoms favoris des Hohenzollern, les empereurs de Prusse.
Le Fritz se décline et donne pendant la première guerre le fridolin, le frisé et même le frisou pendant la seconde guerre mondiale. Bon maintenant, j'aimerais bien vous présenter les insultes allemandes à l'égard des Français, mais vous pouvez chercher, sur ce registre-là, ça n'existe pas. Il y a bien quelques des expressions comme "Froschfresser", "bouffeurs de grenouilles", mais les Allemands ne sont pas les seuls à gratifier les Français de cette appellation : le monde entier en fait autant.







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