Mais au-delà des joies du célibat, le physique et le mental souffrent à force de solitude. Les médecins considèrent la solitude comme LE nouveau facteur de risque pour les maladies cardiovasculaires. Le célibat, autrefois synonyme de liberté et d’indépendance, est aujourd’hui synonyme d’isolement. Longtemps considéré comme petit-bourgeois, le couple est de nouveau à la mode. Le noyau familial sert de refuge émotionnel. Ceux qui sortent de ce cadre en souffrent. Des psychologues se sont penchés sur les problèmes de cœur solitaire. Leurs résultats sont sans équivoque: Ne pas avoir d’âme sœur nuit à la santé. La solitude, aggravée par un retour à des valeurs traditionnelles comme le mariage et la famille, déstabilise les célibataires endurcis. Car aspirer à s'épanouir dans une union solide serait fondamentalement humain. Des études ont montré que les célibataires étaient bien moins heureux que les personnes vivant en couple. Cela est vrai également pour celles qui on fait le choix de vivre seuls. Parmi tous les célibataires interrogés, aucun ne souhaitait rester seul toute sa vie.
La solitude: un risque pour la santé...

Le désir d’une relation stable est un besoin quasi-inné chez l’homme. Les personnes qui vivent une relation amoureuse stable et celles qui sont entourées de nombreux amis sont moins souvent malades et ils ont de meilleures fonctions immunitaires que les personnes isolées socialement. Leur système nerveux végétatif fonctionne mieux, elles dorment mieux et prennent mieux soin de leur santé. Ces personnes se remettent aussi beaucoup plus rapidement sur pied après une maladie ou une opération, mais à condition que leur relation de couple soit harmonieuse.
A l'inverse, les célibataires ont un risque plus élevé de développer des maladies physiques ou psychiques. On a découvert que la solitude, lorsqu’elle engendrait un stress chronique, pouvait mettre l’organisme sous très haute tension. Le taux de cortisol sanguin augmente provoquant des troubles du sommeil et un comportement apathique. Ceux qui n’ont personne pour les prendre dans leurs bras sont plus vulnérables dans les situations de stress. En cas de problèmes au travail, ils se montrent plus fragiles et plus irritables. Ce sont souvent les hommes célibataires qui adoptent de mauvaises habitudes ; si l’on en croit une étude récente, le célibat pourrait même réduire leur espérance de vie de près de 8 ans. Les personnes qui se sentent seules ont tendance à boire et à fumer plus que de raison. Elles deviennent dépressives et moins actives. Et comme elles bougent moins, elles ont tendance à être en surcharge pondérale. Tout cela a des répercussions physiques et psychiques. C’est un véritable cercle vicieux qui s’avère principalement néfaste pour nos défenses immunitaires et notre système cardiovasculaire.
Les femmes sont plus durement touchées par le stressMais la science vient de faire une autre découverte qui pourrait bien consoler les femmes célibataires. Les femmes sont plus durement touchées par le stress au sein de leur couple. Pour les hommes, en revanche, un mariage même raté a un impact positif sur leur santé: Ils dorment mieux, fument moins et s’alimentent mieux que les hommes célibataires. Globalement, les femmes ont moins à gagner. Elles consacrent, aujourd’hui encore, bien plus de temps que leur conjoint aux travaux domestiques et à l’éducation des enfants. Mais les relations stables constituent tout de même un facteur de protection pour leur santé.
Tendresse et vie sexuelle
Les célibataires manquent non seulement de soutien, mais aussi de tendresse et de sexe. Les résultats des études indiquent que les célibataires ont une vie sexuelle bien moins épanouie que les personnes vivant en couple. Les amoureux sont en bien meilleure santé. L’amour stimule, entre autres, la production d’hormones et agit, en même temps, sur différentes régions du corps. Les relations sexuelles produisent la libération des hormones du bonheur dans notre organisme dont les principales sont la sérotonine, l’ocytocine et les endorphines. Ces substances permettent de renforcer notre système immunitaire, de réduire le stress, de lutter contre les angoisses qui se manifestent de manière chronique lors d’une dépression. Elles préviennent aussi les risques d’infarctus. Ces substances produites naturellement par notre organisme lors des rapports sexuels agissent également contre la douleur et les tensions. Mais pour profiter pleinement de ce cocktail d’hormones du bonheur, il faut bannir, lorsqu’on est au lit, les obligations de performance, le stress ou les disputes. Une fois encore, il existe des alternatives: Le sport est tout aussi efficace que le sexe pour produire ces hormones du plaisir. Et puis une relation stable n’est malheureusement pas toujours synonyme de sexualité épanouie.
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HIPPOCRATE - Magazine de santé
Mardi 12 décembre 2006 à 14h00
Rediffusion du 27 septembre 2005
Rédactrice en chef : Heidemarie Petters Une coproduction ZDF -ARTE G.E.I.E.







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