Quand cette histoire commence, vers 1575, il n'y a pas de ville plus riche ni plus glorieuse que Venise. Le visiteur qui l'aborde est transporté dans un univers étrange, sans égal. Le mouvement des bateaux, les reflets de la lumière sur l'eau, la beauté des femmes, tout surprend. On regarde, on admire et l'on se dit qu'ici la vie est belle et différente. Voilà pour les apparences. Dans la réalité, le triomphe de Venise est sans doute moins éclatant. D'autres États se posent en rivaux, notamment les empires turc et espagnol, plus vastes et qui ne cessent de s'étendre. Mais Venise ne veut rien laisser paraître. Elle s'en remet à ses architectes et à ses peintres qui ont tous un même but : accroître sans cesse la beauté de la ville pour en maintenir la gloire...Venise l'insolente
Voyages dans le temps instructifs et originaux, les films de la collection "Les foyers de création" explorent l'histoire de villes où, à une époque donnée, artistes, intellectuels et agitateurs ont créé des formes nouvelles et réinventé le monde. Puisant dans des sources variées - peinture, photographie, musique, littérature, cinéma, etc. -, chaque volet retrace les bouleversements, influences et contradictions d'une époque et d'un lieu. Dans le film qu'il consacre à Venise en 1575, Jean-Loïc Portron montre qu'aucune autre ville n'a su mêler aussi intimement son destin à l'art. L'art soutient le prestige de Venise, il suggère sa puissance, en donne l'illusion. L'audace, la liberté d'esprit qui animent le Tintoret, Véronèse et surtout Titien (qui meurt cette année-là), s'accordent avec l'insolence de la ville-État, qui n'accepte pas qu'on lui dicte sa conduite et trouve toujours moyen de suivre sa propre voie, quels que soient les obstacles.








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