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Aventure Humaine : samedi 3 novembre 2007 à 20h45 - 02/11/07

Ethnoastronomie

L'ethno-astronomie (appelée archéo-astronomie ou paléo-astronomie selon le sujet étudié et l'époque de sa création), analyse les peintures, les gravures, les conceptions architecturales, funéraires, les mythes, les rites, etc., d'une culture, d'un groupe social ou d'une civilisation. Elle recherche si ces souvenirs-témoins, révèlent la perception et l'utilisation des
© Stéphane Bégoin Bonne Pioche productions
phénomènes célestes lors de moments remarquables pour la construction de l'œuvre, pour la délimitation d'un espace sacré. Ensuite, en étudiant, si les individus de ce groupe ont intégré dans leur vie sociale, agricole, religieuse, les dates résultant des orientations de leurs œuvres, on pourra retrouver la structure de leur calendrier, et de leurs connaissances du temps.
(Définition de Chantal Jègues-Wolkiewiez)

Quelques définitions:
L'archéo-astronomie est la science qui concerne la découverte et l'étude des croyances et des pratiques astronomiques des sociétés anciennes. C'est d'abord un outil pour comprendre les accomplissements intellectuels des cultures primitives, comme par exemple, les bâtisseurs des alignements mégalithiques ou les « roues médicinales » amérindiennes.

L'ethno-astronomie, quant à elle, est l'étude des croyances astronomiques et cosmologiques des peuples anciens, ainsi que la mythologie et le folklore rattachés aux phénomènes célestes dans les cultures anciennes ou modernes.


La base de la discipline de l'archéo-astronomie repose sur l'hypothèse que les peuples anciens, même à un stade technologiquement ou intellectuellement primitif, se sont intéressés aux phénomènes célestes et ont tenté d'apporter des explications ou des significations particulières à ces phénomènes. Au cours de leur histoire, ces peuples se sont servis de leurs observations dans des rituels ou les ont incorporés dans des mythes afin de mettre sur pied des calendriers, ou d'anticiper les dates importantes d'activités saisonnières, par exemple, à des fins agricoles.
(source : Matari’i, N°2)




  • "Lascaux, vision du ciel des Magdaléniens ?"

    Extrait du site de Chantal Jègues-Wolkiewiez (Archéociel)

© Stéphane Bégoin Bonne Pioche productions

"Il est logique de penser que ce sanctuaire a été choisi pour cet ensoleillement direct à l'intérieur de la grotte, lors d'un moment de l'année qui, au cours des âges, s'est avéré de première importance pour le calcul du temps.
Cet alignement solaire solsticial avec l’axe principal du sanctuaire n’est en fait pas surprenant. Une plaquette en bois de renne, découverte dans un abri-sous-roche en Dordogne et étudiée par Alexander Marshack, a mis en évidence que déjà à l’époque aurignacienne, les phases lunaires étalonnaient le temps.

Par ce fait on se trouve en possession de divers éléments ouvrant la voie vers l'hypothèse d'un lien entre le ciel et la grotte :

- La pénétration de la lumière du ciel dans les profondeurs de la terre.
- Le moment du coucher solaire.
- La période annuelle du solstice d'été.

Enfin, l'œuvre d'art exceptionnelle reconnue sans conteste comme mémoire de la vie religieuse et intérieure des Paléolithiques.
De plus, on ne peut récuser le fait même s'il est subjectif, que la structure architecturale de la salle des taureaux par la qualité enveloppante des parois ornées qui limitent son espace procure une sensation "d'englobement", "d'entourement", sensation identique à celle que l'on perçoit quand, debout la nuit sur une hauteur, on regarde le ciel se mouvoir.

Cette hypothèse nous a entraînée à confronter l'orientation et la structure des figures pariétales de Lascaux, à la structure et à l'orientation des coordonnées et des corps célestes de l'époque.
Ce sont tous ces repères mesurables, la position des signes et leurs couleurs, qui nous ont permis de dégager une structure identique à celle du ciel magdalénien lors des solstices et des équinoxes.
Finalement, notre recherche nous a conduite à la constatation d'une similitude de formes entre les peintures pariétales de la salle des taureaux et le tracé des constellations zodiacales, telles qu'elles se présentaient lors de la création de l'œuvre au moment de la pénétration de la lumière dans le sanctuaire.

Cette œuvre s'est petit à petit, révélée à nos yeux comme si un observateur placé au centre de la rotonde, avait projeté sur les parois de la grotte, le spectacle mouvant de ce groupement d'étoiles, ceinturant le ciel du soir solsticial paléolithique et parcouru de tous temps par le soleil lors de sa course annuelle apparente.
Les représentations animales de Lascaux sont différentes de celles léguées par les grecs de l'époque classique et que nous utilisons encore sur nos cartes du ciel.
Nous pensons qu'elles sont des reconnaissances de formes, spécifiques à cette époque, regroupant les ensembles prégnants d'étoiles les plus brillantes de cette partie du ciel traversée annuellement et de tous temps par le soleil.
Là, sur les parois de Lascaux, se trouve non seulement l'imaginaire magdalénien concernant les schèmes stellaires perçus sur la voûte céleste, mais aussi la position réelle des constellations, lors d'un temps précis du Paléolithique
(...)
Les animaux et les signes peints en rouge dessinent sur la paroi de gauche la trace de la course solaire à travers les constellations zodiacales. Les animaux de la Salle des Taureaux sont alignés avec les constellations.
Les plus anciennes traces écrites de l'astronomie parlent de ces étoiles et de leur repérage par la position qu'elles ont les unes par rapport aux autres. Repérages d'alignements et de perspectives toujours réalisés au moyen de droites horizontales ou verticales.
Il semblerait que cette méthode ainsi que l'histoire de l'astronomie, remonte beaucoup plus loin qu'on ne le pense actuellement."

Edité le : 31-10-07
Dernière mise à jour le : 02-11-07