Taille du texte: + -
Accueil > Cinéma > Cinéma TRASH > Cinéma Trash > Rencontre avec Bernard Werber

ARTE TRASH - 03/04/07

Rencontre avec Bernard Werber

Rencontre avec l’écrivain (et scénariste de BD, réalisateur de courts-métrages, auteur de théâtre, etc.) Bernard Werber (www.bernardwerber.com) à l’occasion de l’avant-première de son premier long-métrage « Nos amis les Terriens », (www.nosamislesterriens.com) à Strasbourg. (Sortie nationale française : le 18 avril 2007).

« Nos amis les Terriens » est en compétition pour le Méliès d’argent (http://www.melies.org) au 25e Festival international du film fantastique de Bruxelles, le BIFFF (www.bifff.org). Pourquoi ce festival-là plutôt qu’un autre ?
Bernard Werber : Je crois que le public Belge - en tout cas ce que j’en ai vu quand je présentais mes livres - est beaucoup plus intéressé par ce qu’on appelle la « science-fiction » que le public Français et qu’il a beaucoup moins d’œillères. C’est un public qui a le culte du non-sens, de l’extraordinaire. En France il y a plus une tendance à vérifier : est-ce que les films sont bien orthodoxes, faits selon les règles du métier… C’est plus castrateur. En Belgique, dans ce festival, – j’y suis déjà allé - les gens ne se prennent pas au sérieux et le public réagit très, très fort. Donc ça m’amusait d’être présent.

Cette réaction très forte, en direct, ça peut aussi être effrayant, en tant que réalisateur, non ?

Bernard Werber : De toute façon, depuis que je suis sur cette expérience de film, je prends des risques, donc autant aller jusqu’au bout de l’expérience et voir ça. Mais en général, je sais que sur les premières scènes de « Nos amis les Terriens », les gens éclatent toujours de rire ! Après ils rient un peu moins, après ils rient à nouveau et puis encore un peu moins… Mais globalement, le film est quand même fait pour se détendre et pour terminer sur une note, malgré tout, douce et optimiste.

En tant que spectateur, vous allez beaucoup dans les festivals de films fantastiques, SF ?

Bernard Werber : Je vais souvent à Gérardmer (http://www.gerardmer-fantasticart.com/) parce que précisément, j’aime la science-fiction et le cinéma fantastique. Je fais parfois quelques petits festivals quand on m’y invite, que je sais qu’il y a des copains ! Mais sinon, c’est plutôt des festivals de courts-métrages, parce que, d’abord, j’ai fait des courts-métrages. Et puis je ne suis pas un fou de mondanités… Moi, c’est plus pour découvrir des films que je n’aurais peut-être pas l’occasion de voir ailleurs - parce qu’ils ne sont pas distribués par exemple.

Ça vous évoque quoi un cycle de cinéma Trash sur Arte ? À savoir que l’étiquette englobe aussi bien des films de Russ Meyer que, par exemple, « Carnival of Souls » ; qu’il y a également eu des films de concurrents de la Hammer, ou bien encore « The Glamorous Life of Sachiko Hanai » -d’ailleurs programmé au BIFFF cette année…

Bernard Werber : Je ne connais pas le cinéma « trash » ; je connais les films de Russ Meyer parce que j’avais regardé ça par curiosité quand j’étais jeune. Ce qui est bien c’est qu’il y ait une diversité de cinémas. Qu’il n’y ait pas que du cinéma dit « intellectuel », ni que du cinéma dit « commercial ». Plus on diversifiera l’offre, plus les gens pourront découvrir des modes d’expression différents. Mais je crois que ce n’est pas un problème d’argent, de temps : c’est un problème d’idées. Est-ce qu’il y a des gens qui ont une histoire à raconter ? Est-ce qu’ils s’amusent à la raconter et est-ce qu’il y a du plaisir à l’entendre ? C’est le seul débat… Après, les étiquettes, je me méfie : dans tous les genres, il y a du bon et du mauvais. Y compris en littérature, il n’y a pas des « genres mauvais ». Il y a juste des œuvres qui sont plus ou moins réussies.

Est-ce qu’il y a des films que vous pourriez conseiller dans le cadre d’un tel cycle ?

Bernard Werber : Il y a Evil Dead 3, une curiosité qui a l’air d’un film de série B… C’est de Sam Raimi qui, depuis, a fait Spider-man, tout ça… Evil Dead 3, me semble être un film trash très réussi. Après ?... Pi de Darren Aronofsky, ça n’est pas trash mais très bizarre : c’est la musique qui est trash sur ce film ! Qu’est-ce que je pourrais vous citer encore, un peu dans cet esprit-là ? Peut-être La Jetée de Chris Marker : c’est un film expérimental très bizarre que j’aime beaucoup.

Grand merci, Bernard Werber, ainsi qu’aux cinémas Star et à la Fnac Strasbourg


Quelques liens internet :

Le site du producteur de Nos amis les Terriens, Claude Lelouch

L’Arbre des Possibles, projet imaginé par Bernard Werber



Entretien réalisé à Strasbourg le 3 avril 2007 par Jenny Ulrich

Edité le : 04-04-07
Dernière mise à jour le : 03-04-07