Deutsch
Taille du texte: + -
Accueil > Mouvements de cinéma > Cinéma sur ARTE > Cinéma Trash > L'attaque de la moussaka géante

Cinéma sur ARTE

Ne manquez pas cette semaine

Cinéma sur ARTE

L'attaque de la moussaka géante

Jeudi, 16 mars 2006 à 0h55


De Panos Koutras (Grèce / 1999 / 1h30mn)

Une moussaka de trente mètres de haut sème la panique et la mort dans les rues d’Athènes… En hommage à la série Z des années 50, Panos Koutras signe une farce survoltée aux effets spéciaux bricolés, devenue une référence dans l’univers du nanar.

Préparée avec trois cuillères à café de béchamel, L'attaque de la moussaka géante, farce Z survoltée et décervelée, est une attaque éclair contre l'esthétiquement correct et une oeuvre clé de la culture "camp".





À Athènes, dans un laboratoire, des savants en blouses roses se bécotent... Le même soir, dans une boîte gay, la transsexuelle Tara chante en compagnie de ses petites copines Dimis et Chanel. Pendant ce temps, Aris, fils d'un jeune ministre, profite d'une scène de ménage entre ses parents pour se débarrasser de sa dînatoire assiette de moussaka dans le jardin. Survient alors une soucoupe volante qui tente une insondable manipulation. L'opération échoue et la moussaka abandonnée, touchée par un rayon extraterrestre, commence à gigoter puis à se transformer. Gluante, géante, elle se déplace, tuant tout le monde sur son passage...

Mauvais goût volontaire
Le titre annonce le programme : délire, rigolade et n'importe quoi. Cette pochade gloutonne réalisée avec trois cuillères à café de béchamel mérite qu'on s'y arrête, tant l'approche de Panos H. Koutras est décomplexée. Réalisé sans producteur, le film effleure le monde très fermé du cinéma sur un mode libertin et provocateur. Il enchaîne avec brio les tableaux décalés, à la manière de ce qu'ont pu faire Les Nuls dans leurs sketches. Hommage à un cinéma que tout le monde peut faire, à l'opposé du kitsch - qui repose sur un mauvais goût involontaire -, L'attaque de la moussaka géante exhibe en toute bonne conscience son caractère artificiel. Et multiplie les clins d'oeil à Pink flamingos de l'iconoclaste John Waters. Ce premier film de Panos H. Koutras est devenu une oeuvre clé du "camp", la culture gay de l'exagération et du pastiche. Avec ses plantureuses blondes intergalactiques, ses savants homos, ses transsexuels hystériques et ses journalistes décervelés, ce mousseux nanar grec est une attaque éclair contre l'esthétique politiquement correcte.

Edité le : 24-02-06
Dernière mise à jour le : 24-02-06


+ de Mouvements de cinéma