(France, 2004, 1h20)
Avec Veroushka Knoge, Isabelle Pires, Julien Imbert et Frédéric Niedermeyer
Film sélectionné à Cannes (2004) - la Quinzaine des réalisateurs
La bande annonce du film
Interview avec Emmanuel Mouret
(Interview : Olivier Bombarda, Prise de vue: Elsa Kleinschmager, son: Marc Hansmann)

Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4
Synopsis : Fleur, une jeune parisienne timide et menue (Isabelle Pires), passe quelques jours de vacances à Marseille, seule dans la villa de son oncle. Elle rencontre Vénus, une jeune russe longiligne, extravagante et perdue (Veroushka Knoge), qu’elle finit par inviter à partager sa solitude. Les demoiselles n’ont rien prévu et n’ont rien en commun, si ce n’est le désir récurrent de débusquer le garçon idéal. La réserve de la première se joint à l’excentricité de la seconde, les vacances se muant en une série de rencontres plus ou moins décisives, de Dieu, un dragueur impénitent (Frédéric Niedermeyer) à Bonheur, un jeune homme bien sous tous rapports (Julien Imbert).
Critique : « Vénus et Fleur », comédie qu’ont peut affilier un peu rapidement aux marivaudages rohmeriens, début pourtant en droite lignée d’une « Screwball Comedy » très américaine, et en particulier par un hommage sans doute délibéré à « La Folle ingénue » d’Ernst Lubitsch. L’horizon de Fleur est bouché : une maison vide, et rien à faire. Son évier l’est aussi. Et puis surgit Vénus, qui sort la jeune femme de sa torpeur, tout en lui révélant qu’elle s’y connaît aussi en plomberie. L’eau s’écoule, l’horizon s’ouvre et le film peut commencer, pour s’organiser en une série de scènes à géométrie variables, plutôt que de suivre une ligne droite (mise en situation des contraires, entre celle à qui tout réussit et celle qui préfère ne rien tenter, puis, inversement, entre celle dont le caractère d’enfant sage finit par être récompensé, pendant que la cyclothymie de l’autre finit une fois encore par se retourner contre elle).
Par cette sorte d’aération du récit, où les séquence ne se répercutent pas de manière trop prononcée sur celles qui les suivent ou les précèdent, la prévisibilité de la fable se mue en une fiction plus libre et moins ingénue qu’il n’y paraît, une certaine cruauté parvenant aussi, par ce biais, à se nicher dans les blancs et les creux. Le chapelet de prénoms fantaisistes (Dieu, Bonheur), redevable à une folie douce ou à une mythologie passée au tamis du marivaudage, participe lui aussi, comme le dit Emmanuel Mouret, d’une volonté de « promener la pensée » sans trop la guider, pour lui permettre de se perdre à loisir dans les zones d’ombres que n’oublie pas d’occuper cette fiction estivale.
Julien Welter
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Vénus et Fleur
D’Emmanuel Mouret
(France, 2004, 1h20)
Avec Veroushka Knoge, Isabelle Pires, Julien Imbert et Frédéric Niedermeyer
Sortie le 23 juin 2004








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