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Actualité DVD

Hors des âges et pourtant élégamment contemporain, le lycée redevient sous l’œil de Christophe Honoré le lieu de la parade mélancolique. Interview exclusive

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08/11/04

Les Jours où je n'existe pas (DVD)

De Jean-Charles Fitoussi
(France, 2002, 1h50)
Avec Antoine Chappey, Luis Miguel Cintra et Clémentine Baert
DVD initié par les éditions Léo Scheer et distribué par Pathé

Synopsis : Le problème avec Antoine (Antoine Chappey), c'est qu'il n'existe qu'un jour sur deux. Et voilà qu'il rencontre Clémentine (Clémentine Baert), vivante à plein temps.

Critique : Porté par la voix de Luis Miguel Cintra, acteur régulier des films de Manoel de Oliveira et la mise en scène de Jean-Charles Fitoussi, ancien assistant de Jean-Marie Straub et Danielle Huillet, "Les Jours où je n'existe pas" nous introduit dans un univers solaire et bucolique, pas loin de "Sicilia !" des Straub ou du "Val Abraham" de Manoel de Oliveira. L'existence fantastique d'Antoine, qui vit par alternance, suppose un récit émietté, où les creux sollicitent autant l'imaginaire que les séquences visibles. Jean-Charles Fitoussi, qui, hasard ou coïncidence, a tourné son film en plusieurs étapes (en réalité, à chaque fois qu'il parvenait à disposer de quelques moyens financiers), ne connaissait pas vraiment l'issue de son film. Ce qui légitime la forme "à géométrie variable" de celui-ci, où les absences du personnage permettent au récit de filer vers des possibilités narratives inopinées qui maintiennent l'intérêt et la curiosité du spectateur jusqu'à la fin.
Fitoussi débute par la présentation, décalée et lunaire, de l'existence pour le moins empêchée d'Antoine. Il poursuit par une romance en quelque sorte stratifiée où Clémentine tente de combler les absences de son amant. D'autres chemins de traverse sont empruntés par la suite. Jamais pourtant la rigueur de la réalisation ne compromet l'émotion, car les fragmentations que subit ou s'impose le récit ne sont pas violentes, le style de Fitoussi maintenant une note douce et poétique. L'image et le cadre sont quant eux soigneusement cartographiés, comme l'est le petit appartement d'Antoine où se déroule une grande partie du film. Du fait de ce travail de patien ce, la familiarité et l'empathie gagnent peu à peu le spectateur, tout comme le malheur d'Antoine s'assortit d'une drôlerie bienvenue qui pousse le film vers la fable. Plus qu'un essai de cinéma littéraire, la lenteur et la douceur des "Jours où je n'existe pas" évoquent une balade ensoleillée qui nous charme et ne nous agresse jamais, tel le clapotis des vaguelettes contre une barque en été. Un rêve éveillé qu'on voudrait ne jamais voir finir.

Julien Welter

Edité le : 08-11-04
Dernière mise à jour le : 08-11-04