La famille Tenenbaum
Sortie du 13 mars 2002
LA FAMILLE TENENBAUM
Réalisé par Wes Anderson.
Compétition officielle à Berlin
USA , 2001 , 1h 49.
Avec Gene Hackman (Royal Tenenbaum) ; Anjelica Huston (Etheline Tenenbaum) ; Ben Stiller (Chas Tenenbaum) ; Gwyneth Paltrow (Margot Tenenbaum) ; Luke Wilson (Richie Tenenbaum ) ; Owen Wilson (Elijah Cash) ; Danny Glover (Henry Sherman) ; Bill Murray (Raleigh St. Clair) ; Seymour Cassel (Dusty).
Extrait

Synopsis: Les trois jeunes prodiges de la famille Tenenbaum, Margot, auteur de pièces de théâtre récompensées, Chas, économiste surdoué et Richie, champion de tennis, doivent faire face à la séparation de leurs parents et au départ du domicile familial de leur père Royal, un escroc à la petite semaine. Bien des années plus tard, celui-ci essaie de revenir et de se faire pardonner par sa famille…
Dans le prologue de ce film construit comme un roman naïf, la voix-off d´Alec Baldwin, nous instruit sur l'histoire farfelue de la famille Tenenbaum, vivant dans un manoir gothico-kitsch à New York. L’album de famille qui défile devant nous évoque alors à la fois la « Splendeur des Amberson » de Welles, une vieille bande dessinée de Charlie Brown et un épisode sous acide de « Happy Days ». Royal, le père escroc et magouilleur, interprété par Gene Hackman, particulièrement inspiré dans le registre, a laissé, contraint et forcé, sa progéniture surdouée à la garde de leur mère, une archéologue portée sur l´éducation à la Dolto, jouée par Angelica Huston. Des années plus tard, pour éviter de se retrouver à la rue, Royal revient chez lui et face à l´hostilité générale, il prétexte un cancer en phase terminale pour s'installer à nouveau au milieu des siens. Les décors - on se souviendra longtemps des toiles « hyper-réalistico-ethniques » accrochés au mur du cow-boy Elijah - recèlent un vrai pouvoir comique dans ce film. Dans « The Royal Tenenbaums » s'exprime en effet une forme d´humour très particulier, sûrement pas au goût de tout le monde, propre à certains dessins excentriques de Glen Baxter. Le rythme un peu lent du film et ses dialogues complètement décalés, complètent d'une façon cohérente cet ensemble un peu foutraque. Le jeu des acteurs pince-sans-rire à la limite de la neurasthénie fait mouche dans des face-à-face minimalistes et c'est alors un véritable plaisir de voir Stiller, Hackman, Glover, Cassel et Murray jouer dans une belle harmonie cette communauté de gentils cinglés. A la manière de certains Blake Edwards ou du délirant « Qui êtes-vous Polly Magoo ? » de William Klein, cette galerie incroyable de personnages improbables évoluant dans un univers névrotique et bigarré, garde un parfum de nostalgie et finit par se transformer en une fable pleine de tendresse.
Delphine Valloire
Edité le : 20-04-04
Dernière mise à jour le : 13-03-02