

D’Emmanuel Mouret
(2007, France, 1h40)
Avec Virginie Ledoyen, Emmanuel Mouret, Julie Gayet, Michaël Cohen, Frédérique Bel…
Une Coproduction Arte
En exclusivité : interviews de l'équipe du filmInterviews menées par Olivier Bombarda
| L'interview de Virginie Ledoyen |
| L'interview d' Emmanuel Mouret |
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Synopsis : A Nantes, Emilie la parisienne (Julie Gayet) a toute sa soirée. Elle accepte l’invitation à dîner, timide mais répétée, de Gabriel (Michaël Cohen), croisé dans la rue. L’entrevue se poursuit dans la chambre de la jeune femme qui choisit non sans raison de narrer à son convive l’histoire de deux de ses amis, Julie (Virginie Ledoyen) et Nicolas (Emmanuel Mouret). Chacun en couple, ils se sont retrouvés irrémédiablement attirés l’un vers l’autre, après avoir échangé un simple baiser.
Critique : Attentif aux contrastes, Emmanuel Mouret ambitionne cette fois de dégrafer patiemment et sobrement les coutures du marivaudage tel qu’on le connaît, au lieu de jouer sur du velours, celui dont se drape habituellement le genre et dont le réalisateur fait l’étoffe de ses comédies sentimentales (en dernière date, « Changement d’adresse », 2006). Démonter la mécanique des jeux amoureux et en révéler l’aspect sordide, dès lors que l’élan du cœur et de la chair se joint au calcul, à la mesquinerie née de la manigance, se rapporte au choix judicieux d’un titre équivoque. Non sans raison, ce dernier, sous la forme de la déclaration, hésite entre la pitié, le jeu une fois encore, mais aussi la politesse exagérée, signe de l’inauthenticité dont le langage se part : un baiser, s’il vous plaît…
A l’aide d’un budget à peu près raisonnable (le premier en date, malgré trois longs-métrages à son actif), Mouret en profite pour travailler davantage les nuances du gris plutôt que du noir, du beige plutôt que du blanc, du rose saumon plutôt que du rouge, cet entre-deux où il trouve ses marques au lieu d’éprouver l’écueil de la fadeur. Une silhouette se détache fortement de ce cadre délavé, à mesure que son personnage souhaite lui-même se retirer de la partie. C’est celle de Julie Gayet, qui n’a jamais été filmée avec autant de relief et de trouble. C’est aussi la seule que l’acteur Mouret n’approche pas au cours du film, lui qui préfère courir vers une Virginie Ledoyen au sex-appeal étrangement ternie, une impression aussi suggérée par la fadeur des teintes dont cette dernière est entourée (mobilier, vêtements, rideaux). Choix malheureux, inégalité de la vie, marche du destin dont le caractère morne est bien figuré par la résolution du personnage joué par Frédérique Bel, la « bonne copine » qui se prête docilement à l’exécution des basses tâches au son hivernal et lent de la musique de Franz Schubert. Après l’Allegretto (« Vénus et Fleur » en 2004), l’Allegro moderato (« Changement d’adresse »), Mouret compose aujourd’hui un Tempo di valzer lentissimo. On attend avec envie de ce cinéaste d’ailleurs preste qu’il nous livre son Vivace. Julien Welter
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Un baiser s’il vous plaît
D’Emmanuel Mouret
(2007, France, 1h40)
Avec Virginie Ledoyen, Emmanuel Mouret, Julie Gayet, Michaël Cohen, Frédérique Bel…
Sortie du 12 décembre 2007
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La valse des sentiments d’Emmanuel Mouret, aux couleurs et rythmes de l’hiver.
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