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Cuisine et cinéma

Quel liens la nourriture entretient-elle avec le cinéma ? Pendant deux semaines, menu gastronomique sur ARTE avec un documentaire et quetre films.

Cuisine et cinéma

Vendredi 24.03.06 à partir de 22h10

Cuisine et cinéma

Soirée Thema


A 22h10
Le cinéma passe à table
Documentaire

Pourquoi les scènes de repas sont-elles si souvent centrales dans le cinéma ? Parce qu’à travers la nourriture, on peut tout exprimer: la psychologie des personnages, leur rang social, mais aussi leurs rapports au corps, au désir, à la mort… Souvent, l’acte de manger renvoie à quelque chose de trouble et d’inquiétant, révèle des secrets ou bien les enterre encore plus profond. La cuisine est donc une matière savoureuse pour le grand écran. C’est cette matière qu’Anne Andreu décortique avec, au menu, des extraits de choix : la fameuse scène des escalopes d’Angel de Lubitsch, la machine à manger des Temps modernes de Chaplin, le dîner amoureux d’In the mood for love de Wong Kar-wai, les innombrables repas des films de Chabrol, sans oublier la subversive Grande bouffe de Marco Ferreri. Le tout est relevé par les commentaires des auteurs Noëlle Châtelet et Michel Sadler (décrypteur de films par l’art culinaire), et de réalisateurs et acteurs fins gourmets : le vorace Gérard Depardieu, Claude Chabrol commentant la scène de repas de Que la bête meure, Wong Kar-wai, le Danois Gabriel Axel, auteur du Festin de Babette, son compatriote Thomas Vinterberg, réalisateur de Festen

Dans le ventre du cinéma
Dans ce festin documentaire, Anne Andreu explore toutes les facettes de la “cinégastronomie”. Elle débusque les secrets tapis derrière les grandes scènes autour de la nourriture, des plus officielles (les repas familiaux, prétextes à célébrer la communauté ou, au contraire, à dynamiter les règles sociales) aux plus intimes (les corps à corps culinaires explicitement érotiques, comme cette séquence de Tampopo où un couple se passe un jaune d’oeuf de bouche à bouche jusqu’à l’orgasme). Dans certaines séquences, voire dans des films tout entiers, manger devient un acte transgressif et agit comme un révélateur de violence (ainsi dans le sulfureux Old boy de Park Chan-wook) ou de tendances suicidaires (“Si tu ne manges pas, tu ne mourras pas”, dit l’un des personnage de La grande bouffe). Parfois, les scènes de repas sont symptomatiques d’une époque. Elles révèlent une absence de communication, l’apparition d’un nouveau brassage social, mais aussi un rapport obsessionnel à la nourriture, comme dans les films italiens d’après-guerre. Un tour de table aussi plaisant qu’instructif.

Le cinéma passe à table
Documentaire d’Anne Andreu
France, 2005, 1h
Multidiffusion le 2 avril à 1h55



A 23h15
Tampopo
Film

Tampopo (“Fleur de pissenlit”) tient courageusement une médiocre gargote de soupe aux nouilles (ramen) dans un quartier populaire de Tokyo. Un jour, Goro, un routier à la dégaine de cow-boy, lui dit que ses nouilles “manquent de corps et de tripes”. Elle le convainc de lui enseigner l’art de cuisiner un bon bouillon. Commence alors une longue et douloureuse ascèse à la recherche de la soupe aux nouilles absolue…

Western-nouille
À partir des aventures de Tampopo – qui, à force de persévérance et d’obstination, va s’imposer comme la reine de la nouille–, Juzo Itami nous invite à découvrir les relations extraordinaires que les Japonais entretiennent avec la nourriture. Aussi vrai que le bouillon est l’âme des nouilles, la nourriture et le sexe sont les deux grandes passions des Japonais. Les séquences s’enchaînent, hilarantes, bourrées de références cinématographiques qui vont du western au thriller en passant par le film érotique, le mélodrame et même la comédie musicale ! Le public japonais a fait un triomphe à ce film qui se plaît à ironiser sur les moeurs culinaires du pays tout en plaçant le bouillon de nouilles au niveau des plus grandes valeurs de l’existence.


Tampopo
Film de Juzo Itami
Japon, 1986, 1h54mn
Avec : Nobuko Miyamoto (Tampopo), Tsutomu Yamazaki (Goro), Ken Watanabe (Gun), Rikiya Yasuoka (Pisken), Koji Yakusho (l’homme au complet blanc), Fukumi Kuroda (sa maîtresse)
Image : Yukio Inoue
Son : Fumio Hashimoto
Montage : Akira Suzuki
Production : Itami Productions,
New Century Producers
(Rediffusion du 2 août 2001)
Multidiffusion le 4 avril à 15h00 et le 9 avril à 0h20

Edité le : 17-03-06
Dernière mise à jour le : 17-03-06


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