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Mercredi 07 septembre 2005 à 00.35 - 28/11/05

Le muet en couleurs

Les 6es Journées du court métrage de Flensburg ont permis de présenter au public des films muets anciens colorisés et viragés à l’aide de techniques très recherchées. Hajo Schäfer,spécialiste de cinéma et organisateur de festivals, explique comment la couleur a fait son entrée dans le cinéma muet.

La 6e édition du Festival du court métrage de Flensburg proposait un programme spécial intitulé « Plaisir de la couleur : films en couleur datant des débuts du cinéma ». Les visiteurs ont ainsi pu découvrir quatre films muets issus du répertoire de la Fondation de la cinémathèque allemande, spécialement sélectionnés par Hajo Schäfer, un expert reconnu du 7e art. La pianiste Marie-Luise Bolte, spécialisée dans l’accompagnement de films muets, a assuré la toile de fond musicale lors de la projection de ces œuvres.

Les premiers films colorisés image par image ont vu le jour en 1895, l’année de naissance du cinéma. Certains éléments de l’image étaient colorisés à la main, ce travail extrêmement minutieux étant réalisé à l’aide de fins pinceaux. On mettait par exemple en exergue des armes, certains costumes, des pièces de monnaie ou des éléments particuliers du décor, afin d’augmenter l’effet de surprise et partant l’attrait du film. Le succès de cette technique et la demande croissante du public ont obligé l’industrie cinématographique naissante à standardiser les procédés. Grâce à des pochoirs spéciaux, des copies purent désormais être produites en grandes quantités. Le procédé de la colorisation s’était imposé.

Hajo SchäferAu début du 20e siècle, la colorisation au pochoir image par image a été progressivement remplacée par une autre technique : celle du teintage monochrome. En l’occurrence, diverses parties de la pellicule étaient immergées dans des bains de couleur. L’usage des couleurs, quelque peu arbitraire au départ, a donné progressivement naissance à un système de symboles, chaque couleur étant associée à une signification particulière : le rouge aux scènes d’amour, le bleu à la nuit, le vert aux scènes en extérieur, etc.

L’avènement du cinéma parlant dans les années 1930 a marqué le déclin de la colorisation, car la bande son supportait mal le procédé de colorisation.

Par ailleurs, la recolorisation des vieux films exige une restauration particulièrement laborieuse. En effet, les pigments utilisés à l’époque n’étaient pas très résistants et pâlissaient assez vite. C’est pourquoi les films muets colorisés paraissent maintenant anachroniques, ce qui les rend d’autant plus surprenants et fascinants pour le public d’aujourd’hui.

  • Les films projetés dans le cadre du programme étaient les suivants :

Vengeance kabyle
Camille de Morlhon, 14 minutes, France, 1912

La Poule aux oeufs d´or
Gaston Velle, 14 minutes, France 1905

Les Cloches de Pâques
Louis Feulliade, 15 minutes, France 1912

Das Geschenk des Inders
Louis Ralph, 42 minutes, Allemagne, 1913

  • Liens

Stiftung Deutsche Kinemathek (Fondation de la cinémathèque allemande)
Flensburger Kurzfilmtage (Festival du cinéma de Flensburg)
Hajo Schäfer (pdf)

Edité le : 28-11-05
Dernière mise à jour le : 28-11-05