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Chine

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Chine

01/02/03

Epouses et concubines

(Dahong Denglong Gaogao Gua)
Jeudi 6 février 2003



Film de Zhang Yimou (Chine, 1991-2h06mn) - VOSTF
Scénario : Ni Zhen, d’après le roman de Su Tong
Avec : Gong Li (Songlian, la quatrième épouse), He Caifei (Meishan, la troisième épouse), Cao Quifen (Zhuoyun, la deuxième épouse), Jin Shuyuan (Yuru, la première épouse), Ma Jingwu (le maître Chen), Kong Lin(Yan’er), Cui Zhihgang (Docteur Gao), Chu Xiao (Feipu)
Image : Zhao Fei
Décors : Cao Jiuping et Dong Humiao
Musique : Zao Jiping
(Rediffusion du 22 janvier 1996)
Lion d’argent, Venise 1991

La jeune Songlian, quatrième épouse d’un maître tout puissant, affronte les intrigues et les complots de ses rivales. Elle sera broyée par un jeu trop subtil pour elle. Une fresque poignante, un réquisitoire contre l’esclavagisme de la femme chinoise.

La Chine du nord dans les années 20. Songlian, 19 ans, est contrainte d’abandonner ses études à la mort de son père. Pour subvenir à ses besoins, elle se résigne à devenir la quatrième épouse du riche maître Chen. Arrivée dans la demeure de ce dernier, elle est aussitôt impliquée dans les luttes intestines auxquelles se livrent les autres épouses. Avec pour enjeu la lanterne rouge, signe de la faveur du maître, et donc du pouvoir dans la maison.

Bienvenue au gynécée
Épouses et concubines est une œuvre magnifique, tant sur le fond que sur la forme. Comme dans le Sorgho rouge et Ju Dou, Zhang Yimou dénonce les rigidités sociales et prend la défense des femmes, principales victimes d’un pouvoir masculin tout puissant. L’ensemble de l’intrigue se déroule exclusivement entre les murs du palais, lieu confiné du gynécée où les épouses, livrées à elles-mêmes, n’ont d’autre occupation que de se livrer une guerre sans merci pour obtenir le seul avantage à leur portée : une nuit avec le maître. L’arrivée de Songlian pourrait faire basculer cet équilibre. Elle est belle, instruite, volontaire. Mais elle se laisse prendre par la toile d’araignée insidieuse des rapports humains : au lieu de faire corps avec les autres épouses, elle essaie de prendre le pouvoir avec les mêmes méthodes que ses adversaires (mensonges, rumeurs, calomnies...). Elle perd. Sa jeunesse et son impétuosité se brisent sur le mur des traditions féodales, son seul exutoire devient la folie. Zhang Yimou ne se contente pas d’étudier les rapports de sexe. Avec le personnage de Yan’er, la servante de Songlian, il introduit aussi les rapports de classe. Pour avoir rêvé de devenir concubine, Yan’er est durement châtiée : la hiérarchie féodale ne peut être modifiée. Yan’er est le révélateur des intentions du réalisateur : son film est un réquisitoire contre toutes les entraves à la liberté individuelle.

Edité le : 22-04-04
Dernière mise à jour le : 01-02-03