(France, 2004, 85 min.)
Avec Melvil Poupaud, Valeria Bruni-Tedeschi, Jeanne Moreau
L'interview avec François OzonSynopsis: Romain (Melvil Poupaud), un jeune photographe de 30 ans, apprend brutalement qu’il n’a plus que quelques mois à vivre…
Critique: François Ozon n’a de cesse de tourner au rythme d’un film par an. Ainsi, quelques mois après le Festival de Venise où était présenté en compétition son précédent film « 5X2 », il est à Cannes avec « Le temps qui reste » dans la section « Un certain regard ». Deuxième volet d’une trilogie inaugurée par « Sous le sable », « Le temps qui reste » met à nouveau en exergue le thème de la disparition et du rapport intime d’un personnage central avec la mort.
Si, dans « Sous le sable », le personnage de Charlotte Rampling était confronté au deuil d’un mari disparu soudainement, Romain lui est atteint d’un cancer généralisé. Il est ainsi l’observateur de sa propre fin (qu’il garde secrète) et qui détermine les changements progressifs de sa relation avec tous ceux qui l’entourent : il décide de suspendre ses activités de photographe de mode, rompt avec son petit ami, s’ouvre à sa famille et particulièrement avec sa sœur, se confie à sa grand-mère et enfin, accepte la proposition d’une femme inconnue (dont le mari est stérile) de lui faire une enfant. En parallèle Romain vit des flashs de son enfance comme le rappel systématique d’une mort annoncée. La disparition est proche en effet, le corps de Romain fond au fur et à mesure du film et les résurgences de lui-même enfant, renforcent de manière très émotionnelle l’idée générale d’innocence de tout individu face à la mort.
L’homosexualité de Romain n’est jamais qu’une donnée supplémentaire pour concrétiser la question fondamentale que pose Ozon sur la légitimité naturelle à laisser une trace ou non de soi après la vie. Toujours avec une infinie douceur, un sens esthétique raffiné (d’autant qu’Ozon utilise le format scope pour la première fois), un sens exquis des pauses et une utilisation minutieuse de la musique conjugués à l’incarnation de comédiens toujours justes, le cinéaste façonne un portrait profondément émouvant et livre plus que jamais, tel un aveu, une part de sa propre intimité. Il en ressort que « Le Temps qui reste » est l’un des meilleurs films de François Ozon.
Olivier Bombarda
-------------------
Le temps qui reste
Un film de François Ozon
(France, 2005, 1h25)
avec : Melvil poupaud, Valeria Bruni-Tedeschi, Christian Sengewald, Louise-Anne Hippeau
Section Un Certain regard





Romain (30 ans) va mourir d’un cancer: cette révélation change sa relation au monde. Un des meilleurs films de François Ozon.
RSS
Facebook
Twitter