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Du 7 au 17 février, l’équipe web franco-allemande en collaboration avec la rédaction du Journal de la Culture couvre en direct l’intégralité de la Berlinale.

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Filmfestival Berlinale 2008 - Compétition officielle

Man Jeuk

Un film de Johnnie To


Johnnie To délaisse le règlement de compte pour le chassé-croisé amoureux avec une inspiration intacte.

Synopsis : « Sparrow » (le moineau) désigne le pickpocket dans les rues de Hongkong. L’expression fait allusion à la dextérité nécessaire pour subtiliser les portefeuilles des passants… et s’envoler dans l’instant. Kei et ses trois acolytes se sont fait une spécialité de cette technique et, lorsqu’ils ne « travaillent » pas, ils profitent de la vie. C’est dans ces conditions favorables qu’ils rencontrent tous les quatre, mais chacun de leur côté, la sublime et enivrante Chun Lei, et en tombent instantanément amoureux. Non contente d’être liée à un homme d’affaires puissant, la belle est également une sacrée emberlificoteuse. Voilà nos quatre malfrats soumis à la valse des sentiments autant qu’à une concurrence inattendue sur le terrain de la manigance.

Critique : Que fait Johnnie To entre deux films ? Il tourne un film. Plus rapide qu’un pickpocket, il s’offre le luxe de varier les couleurs et les thématiques dans cette fantaisie hongkongaise où ne figure pas la moindre trace d’un revolver, comme un pied de nez (ou un bras d’honneur) lancé à tous ceux que sa prolixité agace, et qui ne seraient pas mécontents de le voir s’enfermer dans le registre des variations mafieuses et sanglantes pour estimer qu’il tourne à vide. Placé sous le signe du coup de foudre, « Sparrow » est absolument facétieux et son quatuor de malfrats n’est pas loin de ressembler à celui d’ « Un éléphant, ça trompe énormément » d’Yves Robert (1977). La romance, la comédie policière, les ballades en décapotable au son de la musique d’Ennio Morricone et plus particulièrement celle de la période dorée des années 1969 – 1972 et des premiers giallo de Dario Argento… Tout cela est détourné avec un dandysme réjouissant.

Plus grimaçant et cabotin que jamais, Simon Yam, l’un des acteurs préférés du cinéaste, se plaît à circuler à vélo, recoudre son pantalon et flâner muni d’un appareil photo chiné chez un brocanteur dans ce film antidaté, complexe et léger, tarabiscoté et, une nouvelle fois, si harmonieux et rond. Johnnie To l’a envisagé comme un hommage à Hongkong, son énergie, sa métamorphose permanente et son pouvoir de séduction tel qu’on en avale des couleuvres. A l’instar de Kei et de ses amis, le plaisir de se faire rouler dans la farine est manifeste puisque le geste est brillant, que ce soit le fait de la divine Chun Lei ou du roublard Johnnie To, plus chat que moineau par son aptitude à retomber immanquablement sur ses pattes tout en ébauchant les morceaux de bravoure les plus saugrenus. Johnnie To aime l’émulsion procurée par sa ville, Kei aime les embrouilles lorsqu’elles portent le visage de Chun Lei et le spectateur est ravi de se faire avoir par les tours de passe-passe dont est garant ce cinéma aussi candide, guilleret et alerte qu’un homme amoureux.

Julien Welter
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Man Jeuk
(Sparrow)
Hongkong, Chine 2008, 87 min
Réalisateur : Johnnie To
Avec : Simon Yam, Kelly Lin

Edité le : 08-02-08
Dernière mise à jour le : 01-09-08


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