Synopsis : Poppy et ses aventures. Peut-être est-elle un peu folle ou irresponsable ? Ou bien est-elle en vérité tout à fait normale et raisonnable ? Quoiqu’il en soit et quoiqu’il arrive, tout le monde tombe amoureux d’elle.
L'interview avec Sally Hawkins
L'interview avec Mike Leigh
L'interview avec Eddie MarsenCritique : Gaie comme un pinson, Poppy est un arc-en-ciel de couleurs sur bicyclette. Elle sourit à la terre entière qui ne lui rend pas toujours, fait des blagues potaches aux fâcheux qui croisent son chemin. On lui pique son vélo. Pas grave, c’est soir de fête et de bibine avec les copines jusqu’au petit matin. Ecervelée Poppy ? Pas si simple… Toujours aussi habile dans ses peintures de caractères, Mike leigh nous manipule à dessein du début à la fin de « Happy-Go-Lucky ». Mais c’est pour la bonne cause : coller le nez de chacun bien profond dans la bêtise crasse des a-priori, de la peur et des jugements hâtifs. Car comme dans ses précédents films, Leigh poursuit une mission difficile (mais plutôt bien vue pour un cinéaste !) : ouvrir les yeux sur l’autre sans juger. Pour cela, il commence par nous mener en bateau sur le premier quart d’heure poussant à regarder cette jolie fêtarde extravertie à l’esprit volage comme le fera Scott le beauf un peu plus tard jusqu’à en tirer des conclusions erronées. Car voilà, Poppy travaille, elle a une vocation et un beau métier pour lequel elle est faite jusqu’au plus profond de son être : Poppy est maîtresse de maternelle. Celle qu’on a toujours rêvé d’avoir : qui enseigne, qui sourit, qui comprend, qui amuse et qui fait des masques d’oiseaux…
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Une petite musique primesautière accompagne les tribulations de Poppy. Sauf que sourire ou pas, le film n’est pas si léger. D’abord il y a la violence parfois conne du monde environnant. Par exemple, celle de Scott, un professeur d’auto-école ultra-agressif, un peu illuminé, avec un complexe d’infériorité grand comme Big Ben et très dépressif. Poppy le devine blessé et persiste à prendre des cours avec lui. Son cas limite prouve que la thérapie du sourire ne fonctionne pas avec tout le monde. Rien n’est jamais simple dans les films de Mike Leigh ; et de fait, le vrai naturalisme, c’est la complexité. Par exemple, l’éternel fou-rire de Poppy s’avère ne pas être un signe de constant bonheur mais souvent un mécanisme de protection, ou un signe de malaise, par exemple en vrac : quand on la drague, quand son ostéopathe la prévient qu’il va lui faire mal une seconde pour lui remettre la colonne en place, quand elle se heurte à des casse-pieds ou quand Scott pique une crise de rage impromptue. Et d’ailleurs par un beau matin, Poppy sur un balcon, ne rit plus mais sourit doucement en regardant le paysage et l’homme à côté d’elle.Au final, au lieu de jeter en pâture à l’audience un drame attendu, Mike Leigh surprend avec un beau plan sur Poppy en barque riant aux éclats. Personne n’est vraiment tombé à l’eau. Mike Leigh protége son héroïne, sans doute parce qu’il croit fort en elle, parce que Poppy, c’est la lumière, l’empathie. La blesser, ce serait lui donner tort cinématographiquement parlant et faire du petit cinéma, de la « tragédie à tout prix » au lieu de montrer un réel à portée de main. De plus Poppy n’est pas loin d’avoir raison, en résumé : la blague et le fou rire comme mode de survie, le sourire et la joie comme mode de vie et l’écoute pour guérir. Merci Poppy !
Delphine Valloire








Toujours aussi subtil, Mike Leigh raconte les aventures en arc-en-ciel de Poppy, une héroïne en plein fou-rire, envers et contre tout. Il révèle une actrice formidable : Sally Hawkins. Poppy forever !
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