(Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events)
(USA, 2004, 100 mn)
De Brad Silberling
Avec Jim Carrey, Meryl Streep, Jude Law, Emily Browning, Liam Aiken, Timothy Spall, Billy Connolly…
Synopsis : Dans la vie des enfants Baudelaire, les choses ont une nette tendance à toujours aller de travers. Violette, Klaus et Prunille sont pourtant des enfants charmants, intelligents, pleins de ressources et loin d’être laids. Leur malchance commence le jour où ils perdent leurs parents, leur maison et leurs rêves dans un grand incendie. Leur naïf banquier Mr Poe les confie tous les trois à un oncle éloigné, le sinistre Comte Olaf, bien décidé à les éliminer pour hériter de leur fortune…Critique : La saga des malheureux enfants Baudelaire à l’instar de celle d’Harry Potter se vend par millions d’exemplaires dans le monde entier depuis 1999. Son auteur, Lemony Snicket, est toujours resté volontairement tapi dans l’ombre faisant preuve par cette attitude misanthrope et mystérieuse d’autant d’à-propos médiatique que d’humour très noir. Il puise son inspiration et rend hommage dans ces livres à des génies du conte gothique comme Edgar A. Poe et Edward Gorey ou à leurs modernes disciples, dont le plus connu est sans aucun doute Tim Burton. Les enfants adorent les horribles aventures de ces orphelins malins et gentils sur lesquels le sort et le Comte Olaf s’acharnent. C’était donc un sacré enjeu d’adapter en une heure et demie les trois premiers volumes de cette série faisant l’objet de l’adoration sans faille de ces chères têtes blondes. Brad Silberling ("Casper", "Moonlight Mile") s’acquitte fort bien de cette tâche, secondé par des techniciens surdoués, « volés » à Tim Burton : le fabuleux Rick Heinrichs aux décors et Emmanuel Lubezki à l’image. La distribution semble aussi obscènement luxueuse que les décors : Meryl Streep en tante excentrique, Timothy Spall, Bill Connolly et Jude Law dans le rôle de l’ « ombre » du narrateur ! Liam Aiken et Emily Browning incarnent avec grâce Klaus et Violette, les deux plus grands enfants Baudelaire. Mais comme le disait Alfred Hitchcock, "un film n’est vraiment réussi que si son méchant atteint la perfection" : trouver le « bon » comte Olaf, personnage bouffon, veule, maléfique et légèrement idiot malgré un machiavélisme certain, a sans doute relevé de la gageure. Jim Carrey, star millionnaire et champion hors catégorie du cabotinage et de la grimace, ne se révèle pas un si mauvais choix que cela dans le rôle, mais on peut tout de même rêver tristement à la version qu’aurait pu en donner John Malkovitch. Reste que l’humour franchement désespéré et cynique de Lemony Snicket a été scrupuleusement respecté : le « gentil-lutin-qui-rit» du pré-générique, récurrent et sans tête par la suite, le prouve d’emblée. La mise en scène joue sans cesse intelligemment avec ces codes et la présence fantomatique de l’écrivain Snicket. Mais le meilleur reste pour la fin, avec le plus beau générique vu ces dernières années : sur une petite musique envoûtante et gothique, un petit bijou noir d’animation où les enfants Baudelaire voguent, tombent et retombent en ombres chinoises entre les griffes du Comte. Quelques minutes de pur bonheur.
Delphine Valloire
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Les désastreuses aventures des enfants Baudelaire (d’après Lemony Snicket)
(Lemony Snicket's A Series of Unfortunate Events)
(USA, 2004, 100 mn)
De Brad Silberling
Avec Jim Carrey, Meryl Streep, Jude Law, Emily Browning, Liam Aiken, Timothy Spall, Billy Connolly…
Sortie le 22 décembre 2004








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