Berlinale 2005 - Panorama
Horst Buchholz... mein Papa
Un film de Christopher Buchholz et Sandra Hacker
Le portrait très
intime d'un père
Les films de la Berlinale 2005
Synopsis : Christopher Buchholz, le fils du « James Dean allemand » Horst Buchholz, nous fait découvrir qui était vraiment son père. Documents à l'appui, il montre comment a débuté la carrière de son père et ce qu'a été sa vie. Entre 2001 et la mort de Horst Buchholz en mars 2003, Christopher a eu avec son père des entretiens profonds et intimes, où le grand acteur se livre comme jamais il ne l'avait fait auparavant.
Critique : Ce portrait très personnel d'une star internationale est chose rare, peut-être même unique, car un tel travail demande beaucoup de courage et de sincérité. Christopher Buchholz ne s'embarrasse pas des habituels témoignages et commentaires de célébrités, réalisateurs et acteurs qui ont connu son père et travaillé avec lui. Il se penche sur la famille Buchholz telle qu'elle était perçue du dehors, album sur papier glacé qu'il revisite en nous faisant découvrir la réalité profonde derrière la façade. Il y a la maman, Myriam Bru, une actrice française qui très jeune épouse ce beau garçon et ne cessera de le vouvoyer toute sa vie. Il y a aussi Béatrice, la sœur de Christopher, qui décide de ne plus porter le patronyme familial et d'aller vivre à Los Angeles. Et bien sûr Christopher qui, lui, rôde souvent dans l'appartement vide du père sous les combles au cœur de Berlin et n'arrive toujours pas à se faire à l'idée que son père est mort : « La pièce où il vivait… Vide. Comme s'il n'avait jamais existé. Souvent, je me dis : "Qui sait, peut-être va-t-il se réveiller et sortir" ».
Mais Christopher a trouvé un autre moyen de le faire revivre : grâce à des extraits inédits de films familiaux en Super 8 et des entretiens qu'il a eu avec son père dans les dernières années de sa vie. Des images où l'on voit le jeune Horst Buchholz, les yeux écarquillés, venir sous l'eau à la rencontre de la caméra ou bien gratter la guitare en chantant dans son premier film, Marianne de ma jeunesse (1954).
Myriam, la mère de Christopher, se souvient elle aussi. Mais il est des questions auxquelles elle n'a pas envie de répondre, par exemple si son mari lui manque depuis qu'il est mort. Souvent, elle se contente de répondre « parce que vous êtes mon fils bien-aimé ». Durant toutes les années de vie commune, elle n'a cessé de soutenir son mari, malgré ses diverses aventures avec d'autres femmes. La seule chose qu'elle ne lui ait jamais pardonné est d'avoir ruiné sa propre carrière. Horst Buchholz a repoussé les propositions de réalisateurs comme Kazan, Visconti et Fellini. D'après les calculs de Myriam, il aurait pu joué dans dix films nominés aux Oscars s'il avait accepté les nombreux rôles qui lui étaient proposés. Et quand un jour, Visconti lui demande de lui envoyer une photo de lui en petite tenue, il lui fait transmettre le message suivant : « Tell him to go and fuck himself. »
Horst Buchholz a 50 ans quand il décide d'aller vivre avec son compagnon à Berlin. Mais il n'aime pas parler de son homosexualité, affirmant même : « Je ne suis pas pédé. J'ai horreur des pédés. » Son fils Christopher n'hésite pas à aborder les sujets qui fâchent, que ce soit l'homosexualité ou l'alcoolisme, dont Horst Buchholz souffrait mais qu'il refusait d'admettre. Ce portrait intime est aussi et avant tout un témoignage d'amour pour ce père qui était un homme égocentrique et difficile à vivre en même temps qu'un acteur merveilleusement doué et divinement beau. Comme dit Myriam Bru, « c'était un monstre sacré ».
Nana A.T. Rebhan
Horst Buchholz... mein Papa
2005, 1h30
Réalisation et scénario : Christopher Buchholz et Sandra Hacker
Avec Horst Buchholz et bien d'autres
Edité le : 14-02-05
Dernière mise à jour le : 15-02-05