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Le magazine dédié aux nouvelles tendances, cultures émergentes et décalées. Diffusé tous les vendredis soirs et samedis dans la nuit sur ARTE.

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27.01.2005 - 23.20 : tracks

Vision - Cake-parties

Les salopettes mauves ont été mises au rencart depuis belle lurette, mais le féminisme n’est pas ringard pour autant. Le mouvement connaît même un certain renouveau, en prouvant que la lutte pour la parité et l’égalité des chances pouvait être diablement sexy. A New York et à Londres, les « cake-parties » sont d’ores et déjà entrées dans les moeurs. Les hommes sont admis, à condition qu’ils soient accompagnés par une femme.

Emma Jeynes : "Il y avait un créneau dans le marché à la fois du divertissement et de l’éducation sexuelle des femmes. Pour les hommes, il y a plein de clubs de lap-dancing, de strip tease. Mais il n’y avait aucun endroit où les femmes pouvaient se laisser aller."

Le mouvement tient son nom du terme cake, qui signifie gâteau en français mais qui désigne aussi le sexe féminin en argot anglais. On vous le disait : le féminisme s’affiche résolument sexy.

Emma Jeynes : "On n’est pas un mouvement féministe très virulent. Moi, je nous considère comme des féministes narquoises : des femmes indépendantes, qui ont réussi et qui en veulent au boulot, mais qui n’ont pas pour autant envie de renoncer à leur féminité et qui aiment bien s'habiller."

Mais Cake, c’est bien plus qu’un mouvement revendicateur et festif. Cake est également un forum pour la femme moderne en phase d’émancipation. Le nouveau féminisme se définit par un désir d’égalité sexuelle. Sur internet, elles sont plus de 30 000 nanas inscrites à échanger leurs fantasmes et leurs techniques de masturbation. Car, au risque d’en étonner quelques uns, répétons qu’une femme n’est pas simplement une machine à faire des enfants, mais qu’elle a aussi une libido. Le site de Cake répond aux questions, parle du sida et fustige les apathies politiques. Le but est de chambouler les idées reçues en matière de sexualité féminine.
Cake, ce n’est pas que le côté divertissant du sexe, il y a également l’aspect pédagogique. Les femmes ont beaucoup plus de facilité aujourd’hui à aborder le sujet ouvertement. Elles parlent de ce qu’elles aiment et de ce qu’elles n’aiment pas.

Au début des années 70, la fameuse petite différence est encore omniprésente et les femmes en ont ras la casquette. La domination du mâle, les clichés de la guerre des sexes, la fatalité du mariage, la discrimination quotidienne au boulot comme dans la rue, non merci. Le mouvement revendique le droit des femmes à l’autodétermination et au salaire égal pour un travail égal. Le viol dans le mariage est enfin reconnu comme un crime. Et désormais, les femmes décideront toutes seules si oui ou non elles veulent un enfant.

Emma Jeynes : "Les filles de l’époque étaient vraiment courageuses. Grâce à elles, les femmes ont beaucoup plus le choix aujourd’hui. On peut atteindre des postes autrefois réservés aux hommes. Mais je crois quand même que le mouvement féministe a connu quelques excès."

Cake, fer de lance d’une féminité nouvelle et affirmée, entend bien se démarquer du caractère sexiste de certaines militantes féministes des années 70 et 80.

« Sex And The City », célébrissime série télé qui nous vient pourtant d’un pays ultra-prude comme les USA, a réussi là où l’émancipation avait échoué. La série aborde sans fausse pudeur des questions comme le sexe oral ou anal, la taille du pénis et les problèmes d’érection. En matière de libération sexuelle, c’est un vrai renouveau. La génération Cake a trouvé des héroïnes sur mesure.
Emma Jeynes : "Je ne pense pas qu’on ait parcouru tout le chemin qui mène à notre libération. Mais on est déjà plus avancés qu’autrefois. Aujourd’hui, des femmes peuvent tranquillement discuter masturbation à un dîner, ce qui était impossible il y a seulement cinq ans. C’est devenu monnaie courante. On peut parler comme les mecs. Alors, oui je nous trouve plus libérées. C’est aussi une question de confiance en soi, je crois qu’on est plus sûres de nous."

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Liens
>> Cake New York
>> Cake London

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TRACKS
Un reportage de Nicole Kraack
Jeudi 27 janvier 2005 à 23h20
Samedi 29 janvier à 17h50
Rédaction: ZDF, MME
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Edité le : 24-01-05
Dernière mise à jour le : 24-01-05


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