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Tracks fait le tour des sons et des cultures qui dépassent les bornes, tous les samedis à partir de 23h.

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09.05.08 - 00.30 : Tracks - 02/09/08

Dream - Klaus Schulze

Avant lui, on grattait bêtement des guitares pour faire de la musique. Grâce au docteur Schulze, on n'a plus qu'à presser des boutons. C'est beau l'évolution.

Dix ans avant Detroit et ses usines automobiles, le pionnier de la Techno Klaus Schulze menait déjà le combat de l'homme contre les machines. Actif dés 67, ce capitaine Nemo du rock allemand a été le premier à créer une musique entièrement électronique, à l'heure où Kraftwerk jouait encore de la flûte.

Klaus Schulze : "Ce genre de choses n'arrive qu'une fois dans une vie. Je voulais créer un nouveau genre de musique, une nouvelle esthétique plutôt que de copier ce qui faisait en Angleterre ou aux États-Unis. Et en même temps, le synthétiseur est arrivé. C'était un instrument totalement nouveau et ça me correspondait parfaitement. Alors je m'y suis mis, même sans savoir ce que je voulais faire. J'étais comme un gamin qui s'amuse avec les boutons, un peu comme les débuts de la Techno."

Né en 47 à Berlin, Klaus étudie la guitare classique dés l'âge de 4 ans. À la fin des sixties, en pleine explosion psychédélique, il devient batteur de deux groupes prometteurs: Tangerine Dream et Ash Ra Tempel. Enclavé derrière le rideau de fer, Berlin s'invente son propre Pink Floyd. Autant inspiré par le rock psychédélique que par la musique concrète, Klaus Schulze triture des bandes chez lui, à la recherche d'un son nouveau, allant jusqu'à agacer ses camarades de Tangerine Dream. Son salut viendra de l'autre coté de l'Atlantique.
Dans ses studios de Caroline du Nord, l'ingénieur électronicien Robert Moog lance en 70 le premier synthétiseur destiné au grand public. En démocratisant ce qui était une usine à gaz réservée aux chercheurs, il inscrit son nom dans l'histoire de la musique sans être musicien.
Si le son reconnaissable du minimoog, micromoog ou polymoog fera les beaux jours de la disco à la fin des années 70, Klaus Schulze se jette sur ce saint graal dés ses débuts.

Klaus Schulze : "Quand tu voulais un instrument comme ça, tu ne le trouvais pas en magasin. Il fallait appeler Robert Moog et demander "Je peux acheter un Moog?" il disait oui, mais tu dois m'envoyer d'abord la moitié de l'argent parce qu'il faut que j'achète les éléments. Ensuite je te le fabrique et dans 6 mois tu vas l'avoir."

Toujours plus grand, toujours plus loin, ce fétichisme pour les créations du grand Robert l'amènera à la construction d'un monstre: le Big Moog. Ce mastodonte aujourd'hui conservé dans un musée en Suisse est devenu la marque de fabrique de Schulze.
Envahie par les machines, la musique entièrement électronique et planante de Klaus Schulze lance un courant typiquement allemand dans les années 70. La "cosmische musik". Il déclenche un véritable Tsunami digital et futuriste. Alors qu'à Berlin Tangerine Dream et Ash Ra Tempel se convertissent eux aussi à l'electronique, Dusseldorf marche au pas du rock répétitif de Kraftwerk ou de Can. Tandis qu'à Munich, une communauté d'artistes fonde les obscurs Amon Dull et Guru Guru.

Klaus Schulze : "Le seul truc qu'on avait en commun c'était la drogue. Mais les différents styles de vies étaient à l'image de la musique. Kraftwerk parlait de mannequins, de bars. La musique de Munich était très sauvage. Et nous à Berlin, on était juste une bande de hippies déjantés. "

En 73, le magazine Actuel, fleuron de l'Underground européen, invite la crème du rock Allemand à Paris. À la suite de ce All-Star game cosmique, les trois quart de ces groupes sont signés sur le nouveau label de Richard Bronson: Virgin. Dans la foulée, le terme "Krautrock", rock choucroute, est inventé par la presse anglaise.

Klaus Schulze : "La base de ma carrière c'est Paris. Après ça les anglais ont aimé, Virgin nous a signé et puis ça a plu aux américains, et si ça plait aux américains, ça plait aux allemands. Parce que si ça vient des États-Unis ou si c'est signé sur un label anglais, c'est qu'ils doivent être bons! Donc ils nous ont acceptés mais 10 ans plus tard."

Ultra productif, Klaus Schulze a publié 78 albums dans sa carrière. Il aurait sûrement pu en produire plus si une pancréatite liée à l'alcool ne lui avait presque coûté la vie en 2005. Au calme dans sa maison près de Hanovre, il continue de créer et mesure l'impact de sa musique sur la génération techno.
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Actualité - Klaus Schulze en concert
Klaus Schulze
The Night Of The Prog
Open Air Festival
18 juillet 2008
>> Le site du festival

Livres
"Klaus Schulze, un saut dans l'inconnu"
de Dominique Roux
paru en 2002 à l'Association Internationale Cosmique
Nouvelle édition à commander en ligne

"Klaus Schulze – Electronic Music Legend"
de Greg Allen
A paraitre le 01 juin 2008
Greg Allen rassemble une pléthore d'interviews de collaborateurs et proches de Klaus Schulze.
>> Disponible sur eurock.com


"Krautrocksampler. Petit guide d'initiation à la grande kosmische muzik"
de Julian Cope
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Olivier Berthe
Réédition poche. Juin 2008
aux éditions Kargo

Liens
>> Le site de Klaus Schulze
>> News, liens sur le site neospheres
>> Klaus Schulze sur Wikipedia
>> Interview de Klaus Schulze


Disques
"Kontinuum" de Klaus Schulze
sur Synthetic Symphony, distribué par SPV.
disponible en France via le Cosmic Cagibi


17 rééditions de Klaus Schulze
disponibles sur Revisited Records / SPV
>> Extraits et descriptifs sur le site de SPV

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TRACKS
Vendredi 09 mai 2008 à 00h30
Rediffusion le 10 mai 2008 à 03h00
Rédaction : Program33
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Edité le : 07-05-08
Dernière mise à jour le : 02-09-08