Franz BarteltLa Belle Maison
Le Dilettante
Février 08
192 pages / 17 €
Cons-sur-Lombe est une petite commune tranquille de deux mille habitants sans chômeurs, ni drogués. La délinquance n’existe pas. M. Balbe, le maire y pourvoit avec bonhomie. Sa devise « Toujours plus et toujours mieux qu’ailleurs ». Les quatre majorettes défilent les jours de fête avec les pompiers, la fanfare sort ses instruments une fois par semaine et les bals attirent un public d’amateurs venus des quatre coins de la région. En somme, un endroit idyllique.
Seule ombre au tableau, les Capouilles. Constance et Mortimer Boulu ont atterri par hasard au village vingt ans plus tôt. « Ils vivaient comme des clochards, sales, en loques, misérables mais soutenus dans leur malheur par toute la population. »
Négligents et crasseux, ils s’occupent de menus travaux pour les habitants en échange de nourriture. Leur maison encombrée d’objets récupérés renferme néanmoins un secret. Car au-delà des apparences, les Capouilles, s’introduisent chaque nuit en habits de gala dans leur sanctuaire pour écouter la voix des poètes.
Mais leur tranquillité crasseuse risque d’être malmenée par la générosité du maire. Avec l’aide du conseil municipal, il décide d’offrir aux indigents une belle maison avec le confort moderne : téléphone et électricité, napperons et draps frais.
Les villageois s’attellent à la tâche et rénovent dans la joie et la bonne humeur une vieille bâtisse au centre du village. Pour marquer l’événement, les décorations de Noël seront sorties le soir du 13 juillet et la presse viendra couvrir l’événement.
Au-delà de la poésie, les Capouilles dissimulent un secret bien plus grave qui risquerait d’être découvert.
Il y a un peu de Clochemerle de Gabriel Chevallier dans ce roman tordant. Les personnages forment une communauté haute en couleurs. Madame Balbe et son hypocondrie, le Josse, tenancier de La Gurlette, qui se trouve toujours sur le chemin du Consien moyen, l’épicerie du père Chéchème dans laquelle, on vend à la louche et à la boule…
Le décor est savamment planté pour ces chroniques villageoises truculentes. Un vrai régal.
Alexandra Morardet





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