Taille du texte: + -
Accueil > Echappées culturelles > > Tous les livres > Sélection livres > Heym, Stefan

ARTE EDITIONS au Salon du Livre de Paris 2012

De la philosophie, de la géopolitique, de l’histoire, de la jeunesse … autant de thèmes abordés cette année par ARTE Editions au Salon du Livre à travers des (...)

ARTE EDITIONS au Salon du Livre de Paris 2012

Stefan Heym - 21/05/08

Les Architectes

Une fresque politique et architecturale sur les abus de pouvoir perpétrés par le communisme.  

a lire aussi

Les Architectes
Stefan Heym
Editions Zulma
Janvier 08
Traduit de l’allemand par Cécile Wajsbrot
496 p./22 €

Berlin-est en 1956, Arnold Sundstrom et sa femme, Julia, construisent une avenue prestigieuse. La rue de la Paix dans le monde doit être le fleuron de l’architecture communiste. Destinée à accueillir des défilés et manifestations d’envergure, elle doit symboliser la puissance du régime.
Mais la ressemblance avec un projet d’Albert Speer trouble profondément les convictions architecturales de Julia, embrigadée intellectuellement et culturellement par son mentor. Ancien élève du Bauhaus, Sundstrom a renié ses idées pour devenir l’architecte en chef du parti.
« A force de vivre, on apprend, reprit-il. L’architecture soviétique fut notre grand professeur. Nos idées de l’époque, à Tieck et moi, étaient une sorte de déviance gauchiste, un radicalisme petit-bourgeois ; la classe ouvrière ne détruit pas ; elle prend ce qu’il y a de valable dans les réalisations passées et les façonne selon ses critères et ses buts… »
Arnold Sundtsrom a fuit le nazisme et s’est réfugié en URSS avec Daniel Tieck, Julian Goltz et sa femme Babette. Le couple Goltz a été arrêté pour trahison par le régime communiste, et leur fille Julia a été confiée à Arnold Sundstrom qui l’a épousée à sa majorité. Daniel Tieck a été déporté en Sibérie, il réapparaît au moment où le couple formé par Arnold Sundstrom et sa jeune épouse, Julia, commence à vaciller.
La jeune femme élevée dans le socialisme est déstabilisée par les révélations sur la disparition de ses parents ; ses convictions sur leur projet architectural sont malmenées par les idées de Tieck et de John Hiller, qui tentent de remporter le concours pour le prolongement de la rue de la paix dans le monde.
« Ses doutes sur son travail, sur la grande rue, les craintes que son père et sa mère n’aient été arrêtés et déportés injustement ; son désarroi, l’impression de se trouver dans un piège ; sa nuit avec John Hiller avait été un réflexe, en dehors de toute raison et de tout entendement. »
Au cours du roman, Stefan Heym fait intervenir la parution du rapport secret du XXe congrès du parti communiste d’URSS, dans lequel Khrouchtchev dénonce les crimes du stalinisme. Les méfaits et les dénonciations de Sundstrom durant les sombres années du communisme dévoilent une nouvelle facette du personnage. Avide de pouvoir, il a abandonné ses convictions, ses idées créatrices et son humanité pour devenir le constructeur d’un régime répressif. 
L’idée de ce roman est née en 1963 mais il faudra attendre près de quarante ans pour qu’il soit publié en Allemagne. Roman politique, réflexion fine et intelligente sur l’architecture, Les Architectes est une fresque qui dépeint avec justesse et précision les rapports humains assujettis à la répression et au mensonge.
Alexandra Morardet

  • Stefan Heym, pseudonyme de Helmut Flieg, quitte l’Allemagne en 1933. Il s’engage en 1943 dans l’armée américaine et participe au débarquement. Son premier roman en anglais est publié en 1942. Il retourne en Allemagne en 1952 fuyant le maccarthysme. 
........................................
Les Architectes
Stefan Heym
Editions Zulma, janvier 08
Traduit de l’allemand par Cécile Wajsbrot
496 p./22 €
ISBN-13 : 978-2-84304-439-7
www.zulma.fr/

Article du 24 avril 08
........................................

Edité le : 23-04-08
Dernière mise à jour le : 21-05-08