À Rome, à l'époque de la conquête napoléonienne, la belle Tosca chante l'opéra et aime le peintre Mario Cavadarossi avec une jalousie excessive. Celui-ci n'hésite pas à cacher un ami qui vient de s'échapper des geôles de l'ignoble Scarpia. Ce dernier gouverne la ville en Tartuffe, défendant la cause de la religion tout en employant tous les moyens pour faire succomber à ses avances les plus jolies femmes. En poursuivant le prisonnier échappé, il tombe sur Tosca qui cherche son amant et le soupçonne de la tromper. Scarpia se sert de sa jalousie pour accomplir ses desseins.
Un spectacle réjouissant
C'est la Tosca rêvée. D'abord parce que les interprètes sont sublimes : Angela Gheorghiu est saisissante, Roberto Alagna fougueux comme jamais et Ruggero Raimondi d'une noirceur mâtinée de sadisme tout à fait convaincante. Ensuite parce que la mise en scène conçue par Benoît Jacquot est très originale. Son film est une œuvre unique, quelque part entre le documentaire, l'opéra filmé et la fiction. La première étape de ce projet a été l’enregistrement de la partie musicale dans les studios EMI de Londres. À cette occasion, Benoît Jacquot a filmé (en noir et blanc) l’orchestre et les chanteurs. Puis, les lieux romains de l’action ont été reconstitués dans les studios MMC, à Cologne-Ossendorf. Le cinéaste a invité les chanteurs à jouer dans ce décor, accompagnés de la bande son réalisée à Londres. Angela Gheorghiu, Roberto Alagna et Ruggero Raimondi ont chanté en même temps, mais sans être enregistrés…
Le film se construit sur cette alternance entre scènes en costumes (en couleur) et séquences avec l'orchestre en studio. Au final, Benoît Jacquot joue beaucoup avec la bande son : il introduit par moment du son direct, puis revient délicatement au chant ou encore demande aux chanteurs de se taire. Par exemple, Roberto Alagna peut chanter sur la BO, tandis qu'à l'écran il soupire, embrasse, parle… Ce dispositif surprenant met particulièrement en valeur la très belle performance "d'acteur" des chanteurs. À noter, enfin, l'interprétation très vive de la partition faite par le chef d'orchestre Antonio Pappano. Sa direction flamboyante achève de faire de ce film-opéra un spectacle réjouissant.
ARTE Magazine





Benoît Jacquot (Le septième ciel, Princesse Marie) adapte l'œuvre la plus célèbre de Giacomo Puccini.
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