A 31 ans, elle est l’auteur de 13 films d’animations à l’atmosphère très singulière et souvent oppressante, qui ont les particularités d’être dessinés à la main et d’unir les couleurs des estampes du 19ème siècle à la haute technologie informatique. Réalisé en 2001, « Japanese Commuter Train » est une installation spectaculaire qui invite à pénétrer les wagons d’un train de banlieue et à méditer sur l’étrangeté de la société moderne.Tabaïmo : "J’utilise des images métaphoriques qu’on peut, je pense, qualifier de surréalistes, pour aborder aussi bien les grands problèmes sociaux du Japon que de simples faits divers. Je traite toutes les informations comme elles me parviennent, c’est-à-dire sans distinction. Chaque jour, nous recevons une avalanche d’images, un flux médiatique reflétant une réalité que nous sommes incapables d’appréhender. Personnellement, je regarde les journaux télévisés sans ressentir aucun affect, comme s’il s’agissait d’un programme de divertissement. Le paradoxe veut que j’ai recours au film d’animation pour essayer de me réapproprier la réalité et tenter de l’analyser. Une fois installées dans un espace, j’estime que mes œuvres ne sont pas pour autant achevées. Pour moi, c’est l’implication émotionnelle du spectateur, et en particulier la manière dont il se raconte sa propre histoire, qui représente le point d’achèvement de mes installations."
Promener son regard sur les façades anonymes d’une ville, être le témoin de scènes énigmatiques et cruelles. Dans « Haunted House », le spectateur peut solitairement s’adonner au plaisir du voyeurisme…
Tabaïmo : "Je cherchais à exprimer un nouvel état d’esprit, une sensation de flou, un mouvement intérieur. Et c’est ce qui m’a inspiré « La mer en pleine nuit ». J’ai expérimenté différentes méthodes de coloration de mes dessins faits au trait. Et la première fois que j’ai scanné les teintes des estampes du 19ème siècle et incrusté des motifs Ukiyo-e dans mes dessins, je me suis retrouvée face à une image informatique animée totalement inédite. J’ai adopté cette technique non parce que je suis japonaise, mais parce que je l’ai trouvée plus appropriée à mon trait, à ma manière de raconter des histoires et à mon univers visuel. "
L'expositionTabaimo
jusqu’au 4 février 2007
à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain
>> Le site de la Fondation Cartier







Envoyer à un ami
RSS
Facebook
Twitter