Taille du texte: + -
Accueil > Vu par... > "Pâle sang bleu" d'Alize Meurisse > Rencontre - Alizé Meurisse

Vu par... les étudiants du CELSA - 07/01/08

L’axe Paris-Londres

Rencontre avec Alizé Meurisse


Pete Doherty aime la France pour Gainsbourg, Rimbaud et son bon vin. Elle, elle aime l’Angleterre pour sa fabuleuse émulation artistique. « Elle » c’est Alizé Meurisse et la photographe officielle du groupe Babyshambles.

Le 01er octobre dernier, la formation rock de Pete Doherty, les Babyshambles, sortait un nouvel album « Shotter’s nation ». Entre overdoses, bastons sur les trottoirs de la capitale, et coups médiatiques, le groupe du dandy trash Pete Doherty, a trouvé le temps de préparer une tournée en France. Ils seront le 1er janvier à Lille, le 14 à Paris, le 15 à Lyon et de retour à Paris le 4 février. Les dates sont presque complètes. Pete aime la France pour Gainsbourg, Rimbaud et son bon vin. Elle, elle aime l’Angleterre pour sa fabuleuse émulation artistique. « Elle » c’est Alizé Meurisse et la photographe officielle du groupe.

Mais pas seulement, la jeune française vient de publier son premier roman "Pâle sang bleu" aux éditions Allia. Son Pâle sang bleu se situe entre roman policier et récit initiatique et raconte les tranches de vies (saignantes) de trois adolescents livrés à eux-mêmes dans un Paris hostile.
Rencontre avec une artiste protéiforme qui traverse la manche comme on prend le métro. Entre un thé à la vanille et Lewis Carroll, Alizé a choisi le « Loir dans la théière », pour ce rendez-vous.
..........................................

Marine Miller : « Alizé Meurisse est née en 1986. Pâle sang bleu est son premier roman » explique la note de votre éditeur, on voudrait en savoir plus…


Alizé Meurisse : Difficile de parler de soi et de se définir en quelques mots, ce que je peux dire c’est que je suis quelqu’un de solitaire et que j’aime écrire, peindre, faire des photos…


MM : Pouvez-vous nous parler de la genèse de votre livre Pâle sang bleu ?

Alizé Meurisse : J’ai toujours plus ou moins écrit dans des carnets. Je voulais écrire un roman mais je n’ai jamais pensé que cela serait possible. En novembre 2006 j’étais à Paris et j’ai fait la tournée des éditeurs avec mes dessins et mes photos. J’ai rencontré Gérard Berréby des éditions Allia qui m’a encouragé et m’a dit en feuilletant mes carnets qui accompagnaient mes dessins :« Je pense vraiment que vous êtes un écrivain ». Je n’avais jamais osé penser que ça serait possible et je me suis lancée. Lorsqu’on vous dit : « honnêtement il faut écrire » ça vous pousse je n’aurais pas eu la force d’y croire si on ne m’y avait encouragé. Je n’aurais pas pu prendre ce texte et me balader chez les éditeurs. Je n’aurais pas la prétention ou le courage de défendre mon bouquin.


MM : On sent dans votre livre votre amour de l’Angleterre, vous introduisez un chapitre avec un poème de Emily Dickinson, poète américaine du XIXème siècle et vous semez les références à la culture britannique. Pourquoi Londres et qu’est-ce qui vous lie tant au Royaume Uni?

Alizé Meurisse : D’abord parce que j’adore la langue, il y a quelques années je me suis initiée à la littérature anglaise. J’ai toujours été attirée et fasciné par Londres. Ensuite parce que cette ville représente la rupture avec ma vie toute tracée d’étudiante de khâgne. Quand je suis partie j’avais besoin de me libérer de beaucoup de choses, de Paris, de ma famille, Londres c’est ma fuite en avant et plus je connais cette ville plus j’ai envie de l’aimer.
Au début c’était la galère je n’avais que mon appareil photo argentique, mes crayons de couleurs et mes petits carnets. Avec du recul j’étais inconsciente mais une force me poussait j’étais sûre qu’il fallait que je parte. Concrètement je ne savais pas où je dormirais le soir même et je vivais de squat en squat, quelques potes ici et là m’hébergeaient. Au début je domais sur le canapé, après par terre. Je n’avais pas de boulot j’avais pris toutes mes économies.


MM : Alors pourquoi êtes-vous restée ? Comment êtes-vous devenue photographe pour le groupe de rock de Pete Doherty Babyhambles ?

Alizé Meurisse : Je rencontre un jour dans un bar un type bizarre, un peu fou, et très agressif. Je me suis pris d’amitié pour lui. Il se trouve qu’il était roady pour Babyshambles. Le soir du nouvel an je n’avais rien à faire, cet ami me propose d’aller dans une soirée et il me donne rendez-vous sous un pont dans le Nord-Est de Londres. Comme il n’était pas au rendez vous je l’appelle et il me guide jusqu’à une maison. Là j’étais en fait chez Peter Pan ( Pete Doherty) qui avait invité quelques fans chez lui et leur jouait à chacun un morceau.
Comme je me baladais toujours avec mes affaires Pete a insisté pour que je lui montre mes dessins. Quelques jours après il a demandé à me revoir et sachant que je n’habitais nulle part il a proposé de m’héberger. De là nous sommes devenus amis et j’ai fait les photos de son dernier album.


MM : Qu’est-ce que les Anglais ont de plus que les Français ?

Alizé Meurisse : Tout. L’humour, le flegme, la décontraction et puis j’ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes.


MM : Pourtant Paris est au centre de votre livre c’est presque un personnage incontournable et un peu malveillant. Pourquoi Paris semble-t-il si dangereux si hostile ?

Alizé Meurisse : Oui c’est vrai Paris est au centre de mon livre mais contrairement à ce que certains critiques ont dit je n’ai pas situé l’action dans les années 50, ni pendant l’avant-guerre et ce n’est pas un Paris sépia que je décris. Au contraire les couleurs pour moi sont primordiales. Deux des personnages principaux meurent à Paris (tué par la ville ?) mais je pense que toutes les grandes villes sont dangereuses et hostiles même quand on y a grandi.


MM : Aujourd’hui où allez-vous?

Alizé Meurisse : Je suis revenue à Paris uniquement pour la sortie de mon livre et je suis toujours en promotion. Je ne pensais rester qu’un mois, pour moi c’était l’affaire de deux trois interviews et puis je repartais à Londres directement. Toutes mes affaires y sont restées, mes négatifs en autre, beaucoup de choses m’attendent maintenant. Aujourd’hui je ne sais pas quand je vais repartir d’autant que je suis entrain d’organiser une exposition de peinture pour le mois de janvier. Mais j’ai un peu la bougeotte alors Paris…


MM : La vie d’adulte, Alizé Meurisse, elle se situe où ?

Alizé Meurisse : Partout…


Le livre
Pâle sang bleu
De Alizé Meurisse
chez Allia
Le premier roman d’Alizé Meurisse parle d’amour, du premier comme s’il n’existait que celui là. C’est l’histoire d’adolescents abandonnés dans un Paris hostile, et par des parents cruels, coupables d’absence et de folie...
>> Lire la suite de la critique

Edité le : 07-01-08
Dernière mise à jour le : 07-01-08