- Glissement sémantique et réalités hybrides

Leur installation i-Skin 2.0 réalisée avec le même designer et le collectif belge Lab[au] propose une modélisation subjective de la personnalité humaine à partir d’un croisement d’informations, symbolisé par la génération d’un avatar de cristal. Cette deuxième peau de personnalité façonnait un objet unique pour chaque visiteur de l’exposition « La beauté » en Avignon.


Pour le cabinet d’architecture Combarel-Marrec, la notion de peau n’est pas non plus une vue d’esprit : dans une brillante démonstration, Emmanuel Combarel a projeté une douzaine de projets retenus (ou pas par ses commanditaires) où les concepts d’enveloppe, de revêtement, de résille... qu’ils servent des contraintes fonctionnelles de protection, de porosité ou de pure cohérence esthétique, sont au cœur de leurs préoccupations quotidiennes.
N’en déplaise aux pourfendeurs d’urbanisme contemporain, un bâtiment, un bloc est ici pris comme un organisme vivant dont la peau unifie un volume sans l’alourdir, agit comme passerelle ou comme filtre avec l’environnement extérieur, l’habille d’une couleur signalétique, unifie l’espace et arrondit ses angles morts. - L’image ou la peau du monde
En clôture de la journée thématique, nous fut offerte issue du fonds audiovisuel contemporain de l’INA une sélection d’une vingtaine de films en 3D, fleuron d’Imagina. La plupart ont tout simplement vieilli sauf peut-être, l’excellant (rebutant pour d’autres) film de Bériou, Ex memoriam, où un ordinateur explore la mémoire de sa genèse, énumérant dans un enchevêtrement de bras, de doigts, de chaire et de poils, le jargon poético surréaliste édifiant des chercheurs en IA (intelligence artificielle). Mais le directeur du magazine bimestriels Repérages écume les festivals et poursuit sa veille, car il est assez rare sauf au hasard d’un clip peut-être, d’apprécier des œuvres résolument contemporaines.
Déconcertante, pertinente et trash la programmation de Nicolas Schmerkin avec Rubber Johnny (Chris Cunningham), Protocole 33 (Benoît Lestang, à suivre), une incroyable construction origamique de l’homme, Chrysalide (Yann Bertrand et Damien Serban-LPA) s’est terminée, après la pub D’H5, Excite, par le plus lisse esthétiquement mais très controversé Flesh d’Edouard Salier.
Imaginez une modélisation 3D de New York City vue du ciel (just before 9/11 – avant le 11 sept) avec projection versus mapping d’un porno soft à tendance lesbien sur tous les gratte-ciels de la ville. Image ostentatoire, exhibition luxuriante de la chaire, arrive ce qu’il arriva : déflagration, bombardement d’avion, explosions en 3D jubilatoires et puériles, feus d’artifices et bûché des vanités ... jusqu’à ce que la ville se reconstruise. L’image suscite, c’est un fait, des réactions épidermiques variées ! Il est des images qui nous collent à la peau, qui nous hantent ou nous désespèrent. Le docteur Sarah Rosen elle, s’interroge et pose la question à l’envers : l’image peut-elle guérir ?Fin du dossier
Véronique Godé
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Cultures Electroniques
E-magiciens 2005
Un reportage d'Orevo
Novembre 2005
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