Taille du texte: + -
Accueil > Culture > Cultures Electroniques > ars electronica 2008 > ars electronica 2008

Cultures Electroniques

elektra exit 2010 trabsmediale Sk-interfaces Orlan Shift Nancy Happy Cube Day Ars Stelarc Stimuline 3Dkids varusschlacht Elektra dorkbot paris douglas repetto (...)

Cultures Electroniques

08/10/08

ars electronica 2008

du 04 au 09 septembre 2008


Depuis presque trois décennies déjà, la ville de Linz en Autriche se transforme chaque début septembre en terrain de présentation et de discussion pour chercheurs, artistes et spécialistes qui travaillent à la croisée entre art, nouvelles technologies et sciences.

Voir le sujet d'ARTE Culture


Sous le titre "a new cultural economy - les limites de la propriété intellectuelle" l'édition 2008 du festival interroge le rapport problématique entre liberté d'information d'un côté et droit d'auteur de l'autre. Le sous-titre est lui un brin plus provocant : "L'ère du copyright et de la propriété intellectuelle est révolu".

Si le droit privatif sur la propriété intellectuelle est aujourd'hui monnaie courante, comment cela se passe- t-il dans une société du savoir largément interconnectée? Une société dans laquelle l'innovation et la créativité reposent sur l'interaction entre un nombre croissant d'auteurs? Il n'est ici pas question que de pirates du net ou de téléchargement de fichiers de musiques ou d'images. Derrière cette question se cachent plus généralement les promesses de la "Gift Economy", cette nouvelle économie du partage et de l'accès libre si souvent célébrée par ses fervent défenseurs dans le giron de l'art numérique. Ces pratiques vont-elles alors générer le nouveau capital de notre société postindustrielle, ou bien ont-elles été créées pour servir en premier lieu leurs principaux bénéficiaires?

Les différentes expositions d'Ars Electronica présentent les nouveaux développements et les pratiques en marge d'un art, où les médias numériques ne sont désormais plus les seuls "nouveaux médias".

Les gagnants des Nicas (prix Ars Electronica) sont présentés jusqu'au 14 septembre 2008 au centre d'art OK. Le collectif HeHe y montre comment intégrer les 'nuages' faits par l'être humain dans une approche artistique et activiste – projet grâce auquel ils ont décroché le prix principal dans la catégorie "art hybride", crée il y a deux ans, et qui récompense aussi le travail de Yann Marussich. Dans "Bleu Remix" le performer détourne des procédés bio-médicaux et nous place face à un spectacle d'immobilité particulièrement émouvant.

Toujours d'actualité, le paradigme de l'interactivité. Ce concept clé de la société d'information bénéficie depuis quelques années d'une grande popularité. Mais quel est le degré d'interactivité des œuvres d'art numérique actuelles? Le dogme du spectateur participant se suffit-il à lui même? Ou n'est-ce que l'illusion transfigurée d'une démocratie participative et de la liberté de consommation? Julius von Bismarck, lauréat de cette année, met en abyme cette question de manière géniale : son "Fulgurator" est bien déclenché par le public... mais sans que ce dernier ne s'en rende compte...

Et mystérieuse Slovénie! Un pays où des artistes s'impliquent dans la recherche spatiale, et où la Galerie Kapelica de Ljubljana jouit de la réputation d'être le plus ambitieux catalyseur d'expérimentations artistiques liées au corps de toute l'Europe. L'exposition "Ecology of the techno mind" donne à voir des projets qui explorent l'espace, les biotechnologies, ou bien encore l'utilisation de robots dans les environnements les plus divers.

A Ars Electronica, la théorie et la pratique se côtoient sans heurts, bricolage techno et analyses critiques se complètent. Ainsi, à l'académie des arts de Linz, les étudiants de l'université de Tokyo présentent leurs travaux de recherche sur l'interactivité, loin des canons artistiques en vogue, sous le titre "Hybrid Ego". De l'autre côté, le festival décerne désormais un important prix en collaboration avec l'Institut Ludwig Boltzmann, le "Media.Art.research Award". Cette année, c'est l'auteur néerlandais Arjen Mulden qui a, aux yeux du jury, le mieux réussi à analyser les tendances philosophiques qui se cachent derrière les œuvres techno-artistiques. Le titre de son livre est tout en phase avec le festival: "Interact or Die!".

Edité le : 01-09-08
Dernière mise à jour le : 08-10-08