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ARTE et moi
inédit
Retrouvez la présentation du musée juif en images :
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Le musée juif de Berlin « entre les lignes »
Architecte : Daniel Libeskind
Réalisation : Richard Copans et Stan Neumann
Coproduction : ARTE France, Les Films d’Ici, La Direction de l’Architecture et du Patrimoine, Le Centre Pompidou (2002)
Le bâtiment construit à Berlin entre 1993 et 1998 pose d'emblée une question que l'architecture n'a pas l'habitude d'aborder : celle de ses propres limites. Comment l'architecture peut-elle construire là où tout a été détruit, comment peut-elle se confronter à l’histoire et surtout à cette histoire là ?
La réponse de Daniel Libeskind (dont ce fut le premier bâtiment construit), est à la fois littérale et secrète. Elle est littérale dans la forme extérieure du bâtiment, un « geste » expressionniste, un zigzag, une extraordinaire ligne brisée, qui plie tout son volume d’un bout à l’autre de la parcelle et qui incarne pour l’architecte toute la violence, toutes les cassures de l’histoire des Juifs en Allemagne.
Elle est secrète car derrière ce geste expressionniste plastique se cache un autre bâtiment, un bâtiment fantôme sur lequel le visiteur ne cesse de buter sans jamais pouvoir le comprendre tout à fait, tout au long d’un parcours qui joue sur le déséquilibre et une perte physique des repères, déstabilisante jusqu’au malaise.
Ce n’est pas une aimable promenade muséale mais un trajet aux allures d’épreuve, dont les jalons s’appellent La Tour de l’Holocauste, Les Jardin de l’Exil, Les Vides. Ces Vides sont des tours de béton, totalement invisibles de l’extérieur, qui traversent le bâtiment sur toute sa hauteur. Il en y en a six de forme différente, elles ne contiennent rien, on n’y entre pas. Au sein du musée, envahi par une collection pléthorique qui évoque la longue histoire de la présence juive en Allemagne, elles incarnent la dernière figure du judaïsme allemand, celle de l’absence.
Et le refus de toute nostalgie, de tout commentaire. Jamais aucun bâtiment n’a réussi a incarner à ce point la contradiction entre ce qui doit absolument être dit et ce qui ne peut jamais l’être.
Surnommé le Blitz, l’éclair, par les Berlinois, le musée juif qui a connu une histoire institutionnelle particulièrement tourmentée, est aujourd’hui l’un des bâtiment les plus visités de Berlin.
Edité le : 07-10-04
Dernière mise à jour le : 12-04-05