Taille du texte: + -
Accueil > Monde > ARTE Journal

ARTE Journal

Le journal de l'actualité européenne

> Algérie : l'armée répond aux terroristes > Algérie : le bilan officiel d'In Amenas

ARTE Journal - 21/01/13

Algérie : le bilan officiel d'In Amenas


Dernière minute

Au moins 37 étrangers, un Algérien et 29 assaillants ont été tués lors de l'attaque et de la prise d'otages par un groupe islamiste de centaines d'employés dans un complexe gazier du Sahara algérien, a annoncé lundi le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal. Il s'agit d'un bilan provisoire, a-t-il dit. Cinq étrangers étaient toujours portés disparus après l'attaque qui s'est déroulée de mercredi à samedi dans le gigantesque complexe gazier d'In Amenas, dans le sud-est de l'Algérie.

Parmi les étrangers confirmés morts par leurs pays figurent un Français, un Américain, deux Roumains, trois Britanniques, six Philippins et sept Japonais. Parmi les 37 dépouilles de victimes étrangères, sept ne sont pas encore identifiées, a indiqué M. Sellal. De nombreux otages ont été exécutés "d'une balle dans la tête", a-t-il ajouté, précisant qu'au total, 790 employés travaillaient sur le site, dont 134 étrangers de 26 nationalités, selon la même source.

Du côté des preneurs d'otages, 29 d'entre eux ont été tués et trois arrêtés, selon le Premier ministre. "Les 32 terroristes sont venus du nord du Mali", a-t-il précisé. Ils étaient membres des Signataires par le sang, un groupe crée par Mokhtar Belmokhtar, l'un des fondateurs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qu'il a quitté en octobre dernier pour lancer son propre groupe.

Le commando était dirigé par un Algérien, Mohamed el-Amine Benchenab, très connu des services de renseignements, qui a été tué durant l'assaut lancé par les forces de l'ordre, a indiqué le Premier ministre. Parmi les assaillants figuraient trois Algériens, les autres ravisseurs étaient de nationalités canadienne, égyptienne, tunisienne, malienne, nigérienne et mauritanienne.

Mercredi 16 janvier à l'aube, un groupe d'assaillants lance une attaque contre un bus transportant des employés du complexe gazier d'In Amenas, à environ 1.300 kilomètres d'Alger, près de la frontière libyenne. Après avoir été repoussés par l'armée et les forces de sécurité ils se retrancher dans la base-vie qu'ils détiennent à présent. Un britannique et un algérien sont tués lors de l'assaut qui a également fait plusieurs blessés. Les terroristes islamistes affirment retenir une quarantaine d'otages occidentaux et autour de 150 algériens dont certains ont été libérés par petits groupes.

Qui sont les otages ?
Les informations les plus contradictoires circulent toujours quand au nombre et à la nationalité des personnes retenues sur le site gazier exploité par BP, Statoil et Sonatrach en Algérie. Mercredi soir déjà, la chaîne de télévision française France 24 qui affirmait elle avoir eu une conversation téléphonique avec un otage français détenu sur un site. Les autorités françaises ont attendu ce jeudi à la mi-journée pour confirmer cette information de façon officielle par la voix de François Hollande. Les ravisseurs affirment eux par la voix d'un porte-parole retenir 41 "croisés" étrangers "dont sept Américains, des Français, des Britanniques et des Japonais". Il semble que ces derniers ont été séparés des otages algériens. D'après BFMtv trente otages algériens auraient réussi à échapper à leurs ravisseurs ce jeudi matin.

Qui sont les ravisseurs ?
Le communiqué de revendication est signé par un groupe islamiste se présentant comme les "Signataires par le sang" (La brigade Al-Mouthalimin). A leur tête, on trouve Mokhtar Belmokhtar, un algérien dissident d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) qui aurait été vu récemment au Mali. Surnommé entre autre "le borgne", celui-ci embrassé la cause du djihad dès l'âge de 19 ans lorsqu'il a participé à des camps d'entraînement en Afghanistan. Terroriste spécialisé dans l'enlèvement mais aussi le trafic, Belmokhtar aurait de solides appuis dans toute la région du Sahel. Il est l'un des djihadiste les plus recherché au monde.

Que réclament les terroristes ?
D'après un communiqué, ils réclament l'arrêt de l'opération militaire contre les islamistes du Mali à laquelle la France participe et qu'ils qualifient d'"agression" et de "croisade", un scénario démenti par l'ancien ministre de le Défense Gérard Longuet qui estime que l'opération nécessite beaucoup trop de moyens et de préparation pour avoir été improvisée en deux ou trois jours. Les "Signataires par le sang" prétendent aussi avoir choisi leur cible en Algérie pour punir le président Bouteflika d'avoir ouvert son espace aérien aux chasseurs français.

Dans un premier temps, les ravisseurs ont exigé le retrait des troupes algériennes qui les encerclent comme préalable à toute négociation. En plus de la fin de l'intervention au Mali, ils réclameraient la libération d'une centaine de djihadistes retenus dans les prisons algériennes.

Damien Wanner, ARTE Journal




Revue de presse : "Il fallait s'y attendre"


C'est en substance ce que nous disent les commentateurs algériens suite à la sanglante prise d'otage d'In Amenas. C'est ce que nous dit précisément l'éditorialiste du Quotidien-Oran par exemple dans son billet du jour : "In Amenas reçoit de plein fouet l'effet de la guerre malienne. Plus rapidement qu'on ne l'attendait. La guerre déclenchée par Paris, cela ne surprend personne, provoque une onde de choc qui peut s'étendre à plusieurs pays. (...) Il fallait logiquement s'y attendre après l'annonce de l'ouverture de l'espace aérien algérien aux avions français".

Objectif médiatique atteint
Comme lui, les observateurs algériens font unanimement le lien entre l'intervention française au Mali et l'attaque d'intérêts occidentaux sur le sol algérien par des djihadistes, un symbole soigneusement choisi pour Brahim Takheroubt, une des plumes du quotidien l'Expression. "C'est le deuxième poumon énergétique algérien qui a été attaqué. In Aménas est le plus grand bassin gazier du pays et l'un des plus importants dans le monde. Au plan international, ce sont des étrangers qui ont été tués et pris en otages. Si les terroristes recherchaient d'abord un impact médiatique, il faut dire que l'objectif a été très largement atteint par cette attaque". Son collègue Ahmed Mesbah qui travaille pour le même quotidien souligne lui aussi la menace qui pèse sur l'Algérie depuis que la France a donné un coup de pied dans la fourmilière islamiste sahélienne, considérant que "l'urgence est bien celle d'empêcher d'autres terroristes de pénétrer en territoire algérien à partir du Mali ou de la Libye".

Affrontement inévitable
Et pour endiguer le risque de contagion islamiste, l'éditorialiste du Jour d'Algérie prône la plus grande fermeté. L'assaut islamiste est pour lui "franchement un acte de guerre" auquel "il faut répondre clairement". Dans un édito en forme d'appel à la vengeance il estime que "d'autres attaques sont, hélas, à prévoir" et que ce n'est plus le moment de "retarder les échéances d'un affrontement devenu inévitable (...). Le contexte général de mobilisation qui caractérise l'affaire malienne est propice pour l'éradication d'un fléau qui n'a fait que s'aggraver depuis des années. Une telle opportunité n'existera peut-être plus demain" prévient-il.

à consulter aussi :



Edité le : 17-01-13
Dernière mise à jour le : 21-01-13