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Festival du cinéma d'ARTE

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Festival du cinéma d'ARTE

Mercredi 21 novembre 2012 à 20h50 - 21/11/12

Ajami

Chat avec les réalisateurs Yaron Shani et Scandar Copti à partir de 22h15



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Un film de Scandar Copti et Yaron Shani. Avec Shakir Kabaha, Ibrahim Frege, Fouad Habash (Israël, 2009, 118 minutes).
Synopsis
A Ajami, quartier de la ville de Jaffa, en Israël, les communautés tentent de vivre les unes avec les autres, les unes contre les autres. Des jeunes Palestiniens clandestins se mêlent aux Arabes israéliens, aux chrétiens et aux juifs. Parfois, ils s'aiment. Souvent, ils se tuent.

Commentaire
Réalisé en 2009 par un juif israélien, Yaron Shani, et un Palestinien, Scandar Copti, Ajami est un premier film qui, par bien des égards, s'est fait remarquer à sa sortie. Mention spéciale dans la catégorie "Caméra d'or" au festival de Cannes 2009, cette oeuvre s'est tournée de façon chronologique, et sans que jamais les acteurs - pour la plupart non professionnels, mais réels habitants du quartier d'Ajami - ne sachent ce qui allait advenir de leurs personnages. Si Shani et Copti ne sont pas les premiers à adopter cette méthode de travail très alerte, ils ont su parfaitement l'appliquer et en obtenir les avantages.

En effet, le film, presque documentaire par instants, semble muter de scènes en scènes selon des rebondissements très forts et parfois tragiques, mais toujours totalement crédibles dans cette région du monde où un rien suffit pour tout enflammer. On comprend ainsi très bien les enjeux entre chaque communauté, comment par moments celles-ci semblent si proches et, la seconde suivante, si promptes à se nuire, voire à se détruire.

Cette sensation d'exaltation et d'exaspération de chaque action est renforcée par la jeunesse de la plupart des personnages, et par son rythme énervé. Les héros d'Ajami sont ainsi des êtres jeunes, très jeunes, des garçons dont les seules figures tutélaires sont des quinquagénaires plus ou moins mafieux. C'est l'autre surprise de ce film : comment un système corrompu, fait de trafics et de négociations aux enjeux éreintants, empoisonne une jeunesse qui se sait déjà en manque d'avenir. C'est enfin la portée sombre mais universelle d'Ajami, de montrer de quelle manière la nature humaine, qu'elle vive dans une zone de conflits censés logiquement terrasser tout le reste, ou dans un territoire plus paisible, reprend le dessus malgré tout, et impose des règles terribles pour des motifs évidemment matériels, donc dérisoires.

La bande-annonce




Virginie Apiou

Ajami
jeudi, 22 novembre 2012 à 02:05
Pas de rediffusion
(Israel, Allemagne, 2009, 116mn)
ZDF

Edité le : 15-10-12
Dernière mise à jour le : 21-11-12