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Ma rediffusion
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À l'est du paradis

Le récit bouleversant d'une mère, doublé d'une plongée dans le New York des années 70 et 80.

dimanche, 19 octobre 2008 à 23:55

Rediffusions :
22.10.2008 à 03:00
À l'est du paradis
(France, 2003, 103mn)
ARTE F
Réalisateur: Lech Kowalski

VOST Stéréo 16 / 9

Le récit bouleversant d'une mère, doublé d'une plongée dans le New York des années 70 et 80. Le dernier opus de Lech Kowalski (Boot Factory, On Hitler's highway), dans lequel le cinéaste underground américain creuse sa propre histoire. Troublant, admirable.

Pour le troisième et ultime volet de sa trilogie polonaise "Un fabuleux art de la survie", entamée avec Boot Factory (2000) et On Hitler's highway (2003), Lech Kowalski creuse sous sa propre biographie. À travers de larges extraits et les rushes inexploités de ses films de l'époque américaine (Gringo, DOA...) ainsi que des images tournées plus récemment, le cinéaste réfléchit à voix haute et revient sur son parcours, de ses débuts dans l'industrie pornographique à sa plongée dans l'underground new-yorkais des années 70 et 80. Mais avant, il nous offre un petit bijou : le portrait intime de sa mère polonaise. Où celle-ci raconte, entre sourires distants et larmes insurmontables, comment, au début de la Seconde Guerre mondiale, elle a été envoyée au goulag puis condamnée à l'errance par les troupes soviétiques. Avec, en chemin, la faim, le froid, les poux mais aussi les solidarités inattendues...

La part maternelle
Pour tous ceux qui ne connaîtraient pas encore l'oeuvre du cinéaste underground, auteur notamment du documentaire culte sur la tournée des Sex Pistols (DOA), À l'est du paradis est une mine d'or : un concentré éloquent de tout son univers, une oeuvre marquée par l'errance, l'attirance irrépressible pour les marginaux et les opprimés, la méfiance du pouvoir. À la source de son travail et de sa philosophie : sa mère, sujet de la première partie du film, qui, dans le cadre intime de sa maison et de la caméra de son fils, confie son histoire avec un talent de conteuse sans pareil. Des confidences bouleversantes, interrompues par des larmes, sur lesquelles vient se greffer abruptement une seconde partie débutant sur des photographies de New York, un Éden atteint par le cinéaste à l'âge de 18 ans. Une séquence autobiographique où suinte le même instinct de survie. Cette manière d'"être à la fois sa propre victime et son propre héros", voilà ce que sa mère a légué au cinéaste. Voilà ce qui explique son sentiment d'inadéquation, son désir de révolte, sa recherche incessante d'une humanité perdue, sa condamnation à l'errance et à l'exil. Voilà ce qui l'explique mais ne le résout pas. Avec ce retour mi-douloureux, mi-apaisant sur sa propre histoire, Lech Kowalski découvre à la manière de Caled, héros du film d'Elia Kazan À l'est d'éden - dont on ne peut ignorer ici la référence -, la part à la fois maudite et galvanisante héritée de sa mère. Et revisite avec délectation le documentaire autobiographique, là où se conter soi, c'est compter avec les autres.