Véritable icône auprès des lolitas japonaises, Araki n'a aucun mal à trouver ses modèles amateurs. Tracks a suivi le maître parti la nuit tombante chasser le modèle sur ses terres de Shinjuku, le quartier chaud de Tokyo.Nobuyoshi Araki : Mon père travaillait comme marchand de sandales traditionnelles. Mais comme il adorait faire de la photo, il délaissait souvent son travail pour se consacrer à sa passion. C'était un vrai photographe amateur.
D'abord j’ai travaillé dans une grosse agence de publicité. C'est là que j'ai appris ce qu'était la vie. J'ai vu le côté le plus abject de ce métier. Si j'avais choisi d'être grand reporter, j'aurais
sûrement été tué dans une guerre. Comme Robert Capa. Alors au moins travailler dans une boîte de pub, ça me mettait à l'abri. Et puis j'ai pu y apprendre toute l'essence de la photo. Dans ce genre de métier, on profite de son travail pour se faire sa propre pub plutôt que celle du produit ou du client. Alors j'ai compris qu'il fallait que je sorte très vite de là si je voulais m'orienter vers l'art. Je ne regrette pas cette période. Quand j'y repense, la pub m'a permis de mieux approcher la vraie nature des gens.
Nobuyoshi Araki : Je suis pas du genre à donner des ordres. Au moment du déclic ce sont les modèles qui décident de leurs poses. Moi je reste seulement concentré, sans chercher à faire de la mise en scène. Je suis l'esclave de mes sujets. On peut même dire l'esclave des femmes tout court. J'ai toujours considéré la séance photo comme un vrai corps à corps. C'est une relation physique entre un homme et une femme. Comme une relation amoureuse. Du coup, c'est normal d'avoir des relations sexuelles pendant ou après la séance photo. Evidemment, s’il y a plusieurs modèles ça peut devenir très vite épuisant. Et après je risque d'être incapable de me remettre au travail.
Le nouveau livre d'Araki, il en aurait près d'une trentaine à son crédit, met en scène des modèles sans tête: des femmes mariées de plus de 40 ans, loin de son sujet favori: les collégiennes.
Vu dans le reportage
Un extrait du film « Tokyo decadence 2 » - Banmei Takahashi
Vient de paraître
"Love Hotel"
aux éditions Denoël & d'ailleurs
Résumé : Un rituel érotique mystérieux, un art qui oscille entre tendresse et cruauté : telles sont les caractéristiques de l'œuvre du photographe japonais Nobuyoshi Araki. Dans ce carnet de route qui couvre les années 1970-1990, Araki raconte ses rencontres avec ses modèles féminins. Comment des filles abordées dans les quartiers populaires de Tokyo deviennent-elles les créatures de son univers hors norme et parfois ses maîtresses d'une journée ? Comment les convainc-t-il de se prêter à ses sulfureuses mises en scène ? Dans ce jeu où l'humour et la poésie s'allient au sadomasochisme, la victime n'est pas toujours celle qu'on imagine... Chronique libertine d'un amoureux des femmes sous toutes les coutures, Love Hotel est aussi l'histoire d'un regard épris du Japon contemporain.
Araki chez Taschen
>> "Araki" de Jérôme Sans
>> "Tokyo Lucky Hole" de Nobuyoshi Araki
Liens
>> Le site officiel - Nobuyoshi Araki
>> Des photos
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TRACKS
Jeudi 27 mai 2004 à 23h30
Rediffusion le 29 mai à 17h45
Rédaction: ARTE France, Program33
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