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jusqu'au 27 octobre 2008 - 20/10/08

France Cadet : curiosité artificielle

Un reportage de Véronique Godé


On dit qu’en 1649 déjà, Descartes aurait conçu un automate qu’il appelait « ma fille Francine », qu’en 1738, Jacques de Vaucanson créa la polémique avec son fameux canard artificiel de cuivre doré, dont on disait qu'il « buvait, mangeait, cancanait, barbotait et digérait comme un vrai », ou presque !


  • France Cadet : curiosité artificielle

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Scientifique détournée par l’appel de l’art, France Cadet n’est pas la première excentrique à développer une certaine fascination pour la robotique, mais ce qui l’intéresse ici plus précisément, c’est la relation, ambiguë, complexe, anthropomorphique, affective ou délétère, qu’entretient l’homme avec l’animal : alors qu’une série de onze trophées de chasses -Hunting Trophies- donne avec ironie un droit de réponse aux animaux qui ont été érigés en icônes décoratives, un petit chien à bascule - Gaude Mihi - se met en action dès lors qu’une personne entre dans la pièce, illustrant par ce mouvement systématique et bruyant le plaisir qu’il s’auto procure autant qu’un renversement de la relation entre le maître et son animal de compagnie.


Cette nouvelle pièce renvoie directement au concept cybernétique de curiosité artificielle (titre de l’exposition) qui vise à introduire des notions de plaisir dans les techniques d’apprentissage et d’éducation destinées aux robots. Une voie qu’explorait déjà l’artiste avec son chaton téléspectateur « sensible » aux pérégrinations d’un poisson-clown.

*Philip K.Dick,
"Si ce monde vous déplaît... et autres écrits"
une anthologie présentée par Michel Valensi
aux éditions de l’éclat
« Do robotic cat dream of electronic fish ? ». Un hommage rendu à la question posée dès 1968, par l’écrivain américain Philip K-Dick, « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » persuadé d’un combat, voire d’une « guerre à mener, pour maintenir tout ce qu’il y a d’humain en nous, ce qui forme notre propre noyau et la source de notre destin* » au moment même, où des sommes considérables sont investies dans la recherche en intelligence artificielle, plus ou moins délaissée dans les années 90 au profit des biotechnologies.

Autres dérives scientifiques, autres thématiques abordées par une série de dessins -Dog|LAB]01-, comme autant de cas cliniques, dont les « véritables » patients sont encore une fois ce petit robot jouet japonais, détourné de la grande distribution américaine dont France Cadet emprunte quelques exemplaires qu’elle opère elle-même, reprogramme et remodèle pour dénoncer avec un brun de cynisme, les débordements du clonage ou de l’eugénisme.

Sollicité dans le cadre de festival d‘arts électroniques, plusieurs fois exposé lors d’Exit ou VIA en France, à Ars electronica en Autriche, au Japan media art festival, ou leurs équivalents à Glasgow, Sao Paulo, Dajeon ou Pittsburgh... le travail de France Cadet fut primé en 2004, d’un Digita awards au concours international « d’art et vie artificielle » de Tokyo. Egalement exposées en galerie, notamment à Marseille où vit et travaille l’artiste, ses créatures sont visibles et accessibles, à la galerie Numeriscausa, à Paris, jusqu’au 25 octobre, et pendant toute la durée du Slick (3e foire d’art contemporain parisienne) au CENTQUATRE.

Actualité

"Curiosité Artificielle"
de France Cadet
du 12 Septembre au 25 octobre 2008
Galerie - numeriscausa
53 bld. Beaumarchais - Paris

Slick
3e foire d’art contemporain parisienne
du 24 au 27 octobre 2008
au CENTQUATRE

Edité le : Mon Oct 20 00:00:00 CEST 2008
Dernière mise à jour le : Mon Oct 20 19:28:26 CEST 2008