Ici, c’est la vision "backstage" qui nous est offerte, celle du laboratoire. Légitime, puisque le dénominateur commun des différents protagonistes, du livre, s’appelle V2. Version Numéro 2 d’une alchimie des temps modernes, le centre d’art et de recherche dédié aux « Nouvelles technologies » (Institute for Unstable Media) a depuis 1992, produit à Rotterdam, diffusé, hébergé et tissé des liens, avec la plupart des acteurs du domaine. Mais qu'est-ce que la formule peut bien vouloir dire ?
Aα + ARγ x [Dβ + Dβ + Rβ + ADα]
Si ce n’est la formule de l’or, c’est bel et bien celle du projet Rheingold, ou la vision d’un opéra du futur, d’après l’opus de Wagner.
Selon la nomenclature mise au point par les auteurs d’aRt&D, les capitales symbolisent le rôle dominant de chaque personne investie dans le projet, A pour artistique, R pour recherche et D pour développement. Les indexes α, β, γ correspondant à leur domaine d’investigation privilégié ou leur formation, sachant qu’en Hollande, l’alphabet grec décline traditionnellement les disciplines académiques : α (Alpha) pour les arts vivants et visuels, incluant la philosophie, la musique et l’architecture, β (Beta) pour les matières scientifiques, γ (gamma) englobant les sciences sociales, de l’ethnographie à l’étude des media.
Décodage : afin de créer une nouvelle configuration interactive entre musique et dramaturgie, entre partition et livret, le directeur artistique du Brucknerhaus (Linz) et celui du Futurelab d’Ars Electronica ont réuni une équipe composée de deux développeurs (Dβ ) d’un codeur (Rβ ) et d’un consultant en arts visuels (ADα).
Chaque chapitre décortique un projet dont la constitution même de l’équipe initie la démarche. Il s’agit, d’analyser avec l’auteur, ou par l’entremise d’un critique, les problématiques de faisabilité posées, puis les solutions techniques et esthétiques élaborées, comme parties intégrantes du processus artistique. « I always want to convey the properties of the system in the work itself » (j’ai toujours envie de conférer les propriétés du système au travail lui même), remarque Edwin van der Heide dans sa présentation de Son-O-House, une pièce monumentale qui joue sur la spatialisation et résonances sonores d’une architecture complexe.
Pourquoi, Myron Krueger avec une oeuvre telle que Vidéoplace montrée pour la première fois en 1975 (voir photo page 13 + légende) est-il considéré comme un pionnier des arts électroniques, père de la « réalité artificielle » avant d’être un artiste ? Pourquoi aucun grand musée n’a t-il encore acquis l’une de ses oeuvres ? Pourquoi cette dichotomie, art versus technologie, affecte-elle encore aujourd’hui, les jeunes artistes, novateurs dans le domaine de l’interactivité ? Et si à ce propos, c’est le langage et non la technique qui nous intéressait ? Autant de questions soulevées sous la forme d’un dialogue, d’un débat ouvert, auquel les auteurs d’aRt&D tentent d’apporter des réponses.
Voici un bel ouvrage de référence (en anglais) qui compile et distille des informations récentes, issues de plus d’une vingtaine de centres d’art et de recherche en Europe et dans le monde (voir les liens)..., au moment où en France, La Gaîté Lyrique de Paris, probable lieu de diffusion, de production et d’expérimentation (?), en parallèle de l’IRCAM, n’a pas encore dévoilé toutes ses intentions, ni même le nom de ses partenaires.
Le livreaRt&D
Research and Development in Art
Editeurs : V2-NAI Publishers
263 pages
ISBN: 90-5662-389-3
>> Le site de V2
LiensLes institutions, centre de diffusion, d’exposition, de recherche et développement qui ont contribué à l'élaboration d’aRt&D
>> Ars Electronica Futurlab (Linz Autriche)
>> Art+com (Berlin)
>> Electronic Vizualization Laboratory (Chicago)
>> Banff Centre BNMI (Banff)
>> C3 (Budapest)
>> IRCAM (Paris)
>> Kunsthochschule für Medien (Cologne)
>> Ljudmila (Ljubljana)
>> Netzspannung.org/Mars (Sankt Augustin)
>> NTT Intercommunication center (Tokyo)
>> Public Netbase (Vienna)
>> Rhizome (New York)
>> SAT (Montréal)
>> STEIM (Amsterdam)
>> The Thing (New York)
>> V2 (Rotterdam)
>> Waag Society (Amsterdam)
>> Zentrum für Kunst und Medientechnologie ( Karlsruhe)
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Cultures Electroniques
Novembre 2005
Chronique d'Orevo
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