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ARTE Journal - 01/08/12

Zone euro : pas de limites pour le MES ?

Selon le journal allemand, la Süddeutsche Zeitung, la France et l'Italie souhaitent équiper le MES, le mécanisme européen de stabilité, d'une licence bancaire qui lui permettrait d'emprunter à son tour de l'argent auprès de la BCE, la Banque centrale européenne. Il suffirait pour cela au MES de déposer, en guise de garantie, les obligations d'État, qu'il a achetées aux différents gouvernements, à la BCE. De son côté, l'Allemagne voit cette stratégie d'un très mauvais œil. Explications.

Sauver l'euro, mais à quel prix ? C'est la question qui hante en ce moment les débats entre partisans et adversaires d'un sauvetage de la zone euro. D'après la Süddeutsche Zeitung, la solution en discussion en ce moment aux sommets de la zone euro serait de doter le MES, le mécanisme européen de stabilité, d'une licence bancaire. Le président français François Hollande, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker et le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, approuvent l'idée. Seuls la chancelière allemande Angela Merkel, le patron de la Banque fédérale d'Allemagne Jens Weidmann, les Néerlandais et les Finnois y sont formellement opposés.
Comment le futur MES doit-il fonctionner ? Quelles conséquences concrètes la mise en place d'une licence bancaire peuvent-elles avoir dans la zone euro ? Débuts de réponse en images avec ARTE Journal.


Graphisme : Valérie Julien

Transcription :
Les États membres de la zone euro versent de l'argent au MES, le mécanisme européen de stabilité. En déduisant les aides accordées aux banques espagnoles, le MES dispose encore d'environ 140 milliards d'euros. Avec cet argent, le Mécanisme européen de stabilité achète des obligations d'État à des pays au bord de la faillite comme l'Espagne ou l'Italie. L'idée, c'est que la demande artificielle permette de faire baisser les taux d'intérêts imposés par les investisseurs aux différents gouvernements.
C'est en fait grâce aux obligations d'État que les pays peuvent se procurer de l'argent sur les marchés financiers. Le problème, c'est que moins la situation financière d'un pays est bonne, plus les investisseurs ont besoin de garanties de remboursement, ce qui implique des taux d'intérêts beaucoup plus élevés. En intervenant, le MES fait baisser ces taux.

Seulement, le MES ne peut pas prêter indéfiniment de l'argent aux gouvernements s'il ne veut pas être lui aussi à court d'argent. La solution serait alors d'accorder au MES une licence bancaire qui lui permettrait d'emprunter à son tour de l'argent auprès de la Banque centrale en y déposant, en guise de garantie, les obligations d'État achetées aux différents gouvernements. La boucle ainsi bouclée, le MES peut tranquillement continuer à accaparer d'autres obligations d'État jusqu'à ce les pays retrouvent une certaine stabilité et que les marchés soient rassurés. Du moins en théorie, car pour l'instant ce système n'est pas vraiment du goût de l'Allemagne.

Pourquoi ? Parce que plus la Banque centrale européenne fait tourner les planches à billets, plus le risque d'inflation est élevé. Un scénario donc très éloigné du rôle initial de la Banque centrale qui est de veiller sur la stabilité de l'euro.
Les partisans de cette stratégie, eux, espèrent que l'inflation n'aura pas lieu. Au contraire, ils estiment que ce mode de fonctionnement du MES doit permettre de mettre fin à la crise de confiance qui minent les états endettés.

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Edité le : 31-07-12
Dernière mise à jour le : 01-08-12