Dans une dynamique toujours progressiste, Guylaine Monnier, directrice artistique du festival laisse en 2006, la part belle à l’expérimentation.
Le web documentaire, un genre polymorphe.« Nous prenons comme définition tout document diffusé sur le Web ou utilisant le Web comme matériau, dont le propos est d’informer, d’attester, de relater ou de témoigner, dit-elle. »
Entre cinéma d’information et compte rendu journalistique, le documentaire est un montage linéaire de documents le plus souvent issus du réel (interviews, archives et commentaires d’experts) parfois mis en scène par le biais d’une fiction. Quelles nouvelles potentialités le médium Internet peut-il offrir ?
Une projection d’une dizaine de films sélectionnés par le festival anglo-saxon Onedotzero (que certains ont pu découvrir à La Ferme du Buisson ou lors du festival Nemo à Paris en avril) nous propose un panorama éclectique du genre ; suivie d’une table ronde animée par Thomas Baumgartner d’ARTE Radio, Alexis Delcambre (lemonde.fr) et André Rouillé (Paris-art.com) dont la lettre hebdomadaire développe depuis quatre ans, un point de vue esthétique, critique sur l’art contemporain.
Le débat s’intéresse donc plus particulièrement aux perspectives formelles offertes par le web et la convergence numérique. Un sujet modéré par Anne-Roquigny qui non contente de nous avoir fait (re, pour certains) découvrir pour des centaines le fameux EPIC, une fiction hyper-documentée, lors du festival Pixelache, développe un système de diffusion (WJS) pour ce genre d’objet encore mal identifié.
Aux aspects techniques (applications dynamiques, multiutilisateurs, temps réel etc.) s’ajoutent en effet, la diversité des sources (contenus multimédias, vidéo augmentée d’animation 2D ou 3D) et des supports : blogs, radios online, webTV, portails d’information, susceptibles de multiplier la transmission de l’œuvre, mais d’en brouiller par là même, l’intégralité de sa réception, et le contrôle par son auteur.
Impact social et subjectivitéEn complément d’un livre-enquête, « La ville qui tue les femmes », (Hachette Littératures) les auteurs-journalistes Marc Fernandez et Jean-Christophe Rampal proposent avec Alexandre Brachet d’Upian, une découverte interactive de la ville mexicaine où ont eu lieu depuis 1993 plus de 400 meurtres et 500 disparitions de femmes, sur fond de trafic de drogue, et corruption policière malgré les associations de victimes réclamant justice. Leur site, La cité des mortes « La cité des mortes », propose à l’internaute de construire son parcours dans la ville de Juarez, à partir d’une interface mêlant cartes, textes, images, vidéos et sons relatifs à l'affaire, “Cette œuvre qui pose les jalons d'une nouvelle forme éditoriale sur le web, revendique une réalisation spectaculaire cherchant à provoquer l'émotion, nous affirme-t-on.”
Une subjectivité totalement assumée que le documentariste “classique” bien souvent partage -utilisant les mêmes ressorts par le biais du montage...mais que le formatage du message aurait tendance à nous faire oublier.
Sur une toile où règne déjà une surenchère d’information, « dont il est facile de citer la source et plus difficile d’en vérifier la paternité, peut-on s’affranchir “des droits d’auteur”, et du souci premier d’objectivité, ou faut-il au contraire considérer cette maestria du mixe multimedia comme un art ?
La suite
La question de la source
"Conditionnel futur" d’Ana Maria de Jesus
Objet communicant : le message est dans le tuyau
Nabaz’mob : un opéra pour 100 lapins
Le festivalWeb Flash Festival
Samedi 27 mai 2006
au Centre George Pompidou - Paris
>> Le site internet
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Cultures Electroniques
Mai 2006
par Véronique Godé
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