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Cultures Electroniques

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Cultures Electroniques

Samedi 27 mai 2006 au Centre Pompidou - 02/09/08

Web Flash Festival 3

Un texte de Véronique Godé


Objet communicant : le message est dans le tuyau
Le “Talk Show Bluetooth” de Nicolas Frespech, un jeu de spam en bonne et due forme des téléphones portables de l’assistance nous rappelle une promesse du xxème siècle: “Nous allons vous faire aimer l’an 2000 !”.

Autre préfiguration d’un futur proche télévisuel, la web TV d’Alexandre Leveuf [C.O.N.V.E.X.E]. Cette émanation du CAV de Synesthésie, consacrée à l'actualité de l'art contemporain diffusait sa huitième émission en direct de Beaubourg invitant pour l’occasion Audrey Mascina et Jérôme Sans Liquid Architecture.
D’autres propositions telles que l’installation du Canadien Grant Skinner "Incomplet" avaient pour but de nous faire expérimenter différents aspects des TIC : une simple interaction par le biais d’une webcam et d’un soft sur PC, pour se transformer en torche humaine, en chef d’orchestre ou en joueur de Pong...

"La session 2006 s’est plus largement intéressée aux nouvelles formes de création qui s'alimentent des réseaux, souligne l’organisatrice, Guylaine Monnier. Une double thématique qui s’appuie sur un travail de résidence mené au sein de Regart.net, tout au long de l’année, celui de Françoise Roman pour le webdocumentaire et d’Alexandre Leveuf pour la web TV". Création originale oblige, pour ouvrir la soirée qui courronne par un prix (du jury et du public) six approches du web (net art, art graphisme, animation, expérimentale, présentation ou jeu).

Voir notre coup de coeur du collectif Position.


Nabaz’mob : un opéra pour 100 lapins
La maîtresse de cérémonie conquise par le lapin communiquant Nabaztag, convoque son créateur, la société Violet, et lui « commande » un divertissement ...

Une chorégraphie, comment dire ? Un opéra, répondent de concert Antoine Schmitt et Jean-Jacques Birgé. Ce n’est pas la première fois que ces deux-là composent ensemble: leur premier “Opus”, un scratch vidéo interactif au nom de Machiavel, plus tard des sonneries originales pour mobiles réunies sur le label Sonicobjetc.com. Ces deux artistes aussi libres qu’espiègles connaissent déjà bien le petit animal clignotant aux deux oreilles mobiles : plasticien, programmeur à ses heures lucratives, Antoine Schmitt a codé pour Violet tous les aspects comportementaux de ce qui sans le génie du design pourrait être une simple borne à intégration de service. Jean-Jacques, auteur compositeur pluri-media lui a donné sa voix, son âme sonore, portée par un petit synthétiseur midi à l’intérieur du ventre.

Pour le spectacle, nous avons vraiment utilisé les codes de l’opéra, dit-il, avec autant d’ironie que de sérieux, exposition, action, catastrophe! Hommage à Steve Reich pour le déphasage sans même parler de l’aspect répétitif ou minimaliste de la composition, clin d’oeil à Cage, pour son utilisation du silence et de l’accident dans la partition -voire dans la performance en général-, inspiration chez Ligeti et les grands chœurs nordiques pour un deuxième mouvement étal, évolutif à tendance dramatique et final anarchique –dans un esprit de modèle social-, ce qui ne veut pas dire “faire n’importe quoi”", précise Jean-Jaques Birgé, dont la composition globale évoque de fait, Nancarrow, maître de la musique mécanique... au demeurant injouable par l’humain.

Sacrée chorale que ces cent objets acoustiques réunis sur la scène de Beaubourg. Impossible de répéter puisque les stars de la soirée, arriveraient avec leur maître ou maîtresse, quelques instants seulement avant le spectacle. Nos deux designers sont partis d’une autre contrainte: la désynchronisation. “Nous savions qu’à partir d’un même signal (envoyé par ordinateur via une borne Wifi) les lapins répondent avec un décalage d’une dizaine de secondes, et cette idée nous a plu. De même qu’aucun système n’est applicable à l’espèce humaine, qui se distingue d’ailleurs par sa capacité de rébellion", s’engage Birgé. "Le lapin a aussi ses humeurs, c’est cette tentative d’être ensemble, la difficulté du rapport de l’individu dans la société, qui nous intéressait, poursuit Antoine, l’existentiel.”
Résultat: un son et lumière pour un millier d’yeux et d’oreilles subjugués qui convoquait la magie de l’enfance, l’inquiétant et le merveilleux...
Avec distribution de carottes à la fin pour enchaîner sur la remise des prix.
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Le festival
Web Flash Festival
Samedi 27 mai 2006
au Centre George Pompidou - Paris
>> Le site internet

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Cultures Electroniques
Mai 2006
par Véronique Godé
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Edité le : 31-05-06
Dernière mise à jour le : 02-09-08