Cinq albums dvd pour le lancement de VOUIR, dont un dédié à la poésie de Gertrude Stein, hommage aux méditations de l’auteure contemporaine avant l’heure, sévère inspiratrice de l’Ernest Hemingway, mécène d’un Picasso, voire de toute une génération d’artistes qu’elle croyait perdue. Un deuxième titre amorce l’idée de collection « Ceux qui pensent tout seuls » avec les introspections et réflexions cybernétiques de Nicolas Bilder, comédien et auteur du « tuyau du monde ». Tous les dvd ont été virtualisés, sonorisés, mixés et compressés pour un décollage en 5.1 -home cinéma ou configuration multimedia oblige !- orchestrés par Wall°ich, dont on retrouve la verve personnelle avec d’autres Souffleurs et accolytes musiciens du verbe dans Vidéosynthèses, Zones non-dites et Prendre le large.
Virtuellement Stein« Les mutations musicales et sonores sont réalisées sur Nuendo, une plateforme de production audio configurée pour l’électroacoustique et la mise en espace multicanal, précise le fondateur du label. J'essaye de me remettre en question sur chaque projet, dit-il, donc de changer la manière de faire à chaque fois : Pour « Strophes en méditation » (le Gertrude Stein) tout a été fait de manière indépendante, la voix, la zic, les zimages se sont imbriquées, rencontrées d'une manière incroyable, avec très peu de retouches. L'esprit de Gertrude était avec nous !?»
Certainement ! Choisir pour premier opus une précurseure de l’écriture automatique, pour qui les phrases justes sont celles qui sortent du premier jet, n‘est pas anodin. De là à faire apparaître son fantôme en vert et son contraire saturé sur la couverture ? Je ne suis pas sûre... Pourtant aucune redondance visuelle dans l’album. Chaque strophe (15 méditations au total) baigne dans une émulsion de matière aux couleurs singulières, comme s’il s’agissait de l’IRM en mouvement de nos neuronnes re-connectées, la voix de Frédérique Bruyas (lectrice hors paire et musicienne), s’échappe, du liquide amniosynthétique, questionne, raisonnne et frappe hors des vibrations musicales et sonores.
« Sur le Tuyau, l'idée était d'avoir Nico disant ses textes en talking-head attaqué, virtualisé, matiérisé/spatialisé par les images...» poursuit Fred Wall Ich, qui écrit comme il parle, en vers et contre tous (contre : tout contre) ose le jeu de mot pour mieux rebondir dans la stratosphère, déplace le symbolique à côté du trône, se joue de l’univoque mais se réjouit des synchronicités.
Home madeA ma question technique très sérieuse, « quelle est ta moulinette ? » Wall°ich me livre sans malice sa tambouille informatique : « la manipulation des images s’effectue en grande partie grâce aux possibilités innombrables des logiciels de création et de traitements ArtMatic et VTracks, d’Eric Wenger », son ami, fondateur d’U&I software, et créateur d’un des tout premiers modeleurs sur Mac, Bryce, et plus récemment MetaSynth, une sorte de générateur synesthésique entre image et son.
Dans « Vidéosynthèse » par exemple on trouve des performances avec de vrais gens sous influence : lors d’une discussion à la terrasse d’un café, le type au bout d’un (?) verre n’en démort pas : « le politique s’en fout du montage, il diffuse ou pas, c’est tout ! » dit-il en boucle. Et le voilà qui nous fait le coup de Robert Patrick en 1991, T2 (Terminator 2) ; tel un deus exmachina, il se transforme en alliage polymorphe, un truc horrible, pendant que sa jolie muse engendre une étoile dansante, un slam, allez savoir ? Ca s’appelle « Talking drunk ».
Wall°ich la quarantaine n’a pas attendu l’éclatement de la bulle pour cultiver le numérique: artiste multicarte, le saxo en impro, la poésie en bandoulière, s’il dut en passer par l’Usine ‘multi-médoigts’, c’est pour mieux en maîtriser les outils. S’excentrer en Bourgogne où il transporte son No-mad-e studio ne veut pas dire s’isoler mais (pas fou) produire à moindre frais. Un amateur de belle édition pourrait d’ailleurs émettre quelques critiques sur la navigation frugale au menu et l’absence de sommaire en jaquette. Soit ! Vouïr fut fondé avec peu de moyen, à l’initiative de ses camarades Bilder et Bruyas, deux solides compétences et de nombreuses accointances littéraires et musiciennes à tendance pataphysiciennes.
Brain cinema Mixe de synthèse Fred-ienne et de vidéo pour mise en scène, les réflexions très contemporaines, -métaphysique du tube et critique cybernétique-, de Nicolas Bilder, Le tuyau du monde, convoquent d’autres rencontres ou amitiés consommées depuis belle lurette : Isabelle Camarieu pour la voix, Gilles Petit au le violon, Alain Pinsole au vibraphone, Pascal Marzan et sa guitarabiscotée... Et quand Bilder prend lui-même la parole il s’affranchit du ton monocorde et distant trop souvent appliqué à la poésie existentielle. « Pourquoi écrire ou ne pas cet objet là de la conduction du Monde tandis qu’en caillots nos résistances s’affirment. Parce que je ne rêvais pas de fluidités libérales en toutes choses. Ni d’embolies au demeurant. Mais qui songe ici ne se transporte pas ailleurs, pas ou plus, ce chemin insensiblement. Alors j’ai rédigé une métaphore de nos circulations qui nous emporte sans cartographie là où l’on peut encore s’explorer sans interdits, nous dit-il.» Quitte à s’engager, autant donner le ton.
Sur « Prendre le large » les auteurs Wall ich et Marzan nous interpellent par la phrase de Raymond Abellio : Nous vivons une époque qui confond l’affrontement des limites et la destruction des règles. Mais qui a ses raisons de procéder ainsi. Un vrai sujet, non ? Le débat se joue ici sans texte –mais qui sait ? -, au saxo, au tuyau et à la guit-arabis...! C’est le son qui déclenche la couche synthèse de l’image ; du moins sur la galette. Et dans nos têtes ? Un trip sans LSD que l’on peut se jouer solo ou en installation vidéo. Un voyage, un point d’acuponcture (?) sur « les zones occultées par la rationalité contrites de nos émotions contraintes, me souffle l’auteur. De même pour « Zones non dites », un travail volontairement non-narratif et sans dimension référente qui part du postulat que tout espace est matière et inversement. Interpréter-concevoir le monde par l’irréalité de l’image, du son et de l’écrit, une façon pour ces auteurs, de montrer autrement -humour et dérision comprises-, que la réalité est aussi subjection, fantasme et projection du présent, vers des futurs ouverts (le label aussi) et peut-être utopiques.
Mais puisqu’il faut le Vouir pour y croire voici quelques dates, à commencer par le 22 juin à la Galerie Sparts à Paris, au moment même où s’achève le marché de la poésie et commence sa Périphérie. 500 éditeurs indépendants répertoriés l’année dernière, au moins un de plus cette année !
- Lieux et dates
à la Galerie SPARTSdu 22 Juin au 8 Juillet 2006
du mardi au vendredi de 14h30 à 19h30
Vernissage le 22 Juin à partir de 18 h
41 rue de Seine
75006 - Paris
Tél : 01 43 26 05 44
Dans le cadre de l'exposition du groupe « les biodégradés »Installation multicanal > Strophes en méditation de Gertrude Stein "Pensées disjointes qui s’enroulent et se déroulent comme autant de circonvolutions d’un cerveau qui ourdit le monde."Textes dits par Frédérique Bruyas - Mise en sons & en images : wall°ich
Les Biodégradés (suite )
expo / installation
du 22 juillet au jeudi 17 août 2006
Abbaye de Reigny
Vermenton
89 Yonne
Galerie du Vieux Toucy
du 21 au 31 août 2006
89 Yonne
Zones non-diteS
du 23 Juin (vernissage) au 22 Juillet
installation multi-points
L'Escale
Migennes, 89 Yonne
du 9 Septembre au 7 Octobre
Mezzanine du marché couvert
Sens
Frédérique Bruyas, Pascal Marzan et Wall°ich étaient les invités de Bruno Letort sur France Musique à l'émission Tapage nocturne le jeudi 8 Juin à 23 heures.
cliquer sur Fred Wallich ensuite cliquer sur écouter (real one player recquis) l'interview met un peu de temps à démarrer...
- Liens
>> La page officiel de Vouir>> Wall°ich sa biographie
>> Ceux qui pensent tout seuls
>> Prendre le large
>> Les dates
>> Des textes
....................................................
Cultures Electroniques
Actualités
Article de Véronique Godé
Juin 2006
....................................................






Envoyer à un ami
RSS
Facebook
Twitter