Le père de Vladimir Nabokov est un homme politique libéral, fondateur du parti constitutionnel-démocrate qui obtient la majorité lors des premières élections parlementaires en 1906. Il est le représentant de la Douma, mais la Révolution d’octobre et la prise de pouvoir par les bolcheviks l’obligent à s’exiler en Crimée dans un premier temps, puis à partir vers l’ouest. Les deux fils aînés partent étudier à Cambridge, le père et les autres membres de la famille vont eux à Berlin. Même à l’étranger, il reste politiquement actif et sera assassiné en 1922 par des réactionnaires russes. Dans sa biographie, Vladimir Nabokov érige un monument littéraire pour son père bien aimé et le ressuscite en quelque sorte (« Autres rivages », Gallimard, 1991).
Vladimir et son frère étudient la littérature russe à Cambridge. Nabokov voulait, même en exil, devenir un écrivain russe et désirait conserver tout ce qu’il lui restait de son pays, en l’occurrence la langue (« Autres rivages », Gallimard, 1991).
Après avoir terminé ses études, il s’installe à Berlin et vit, comme de nombreux immigrés russes, de traductions et de petites activités, entre autres celle de professeur de tennis. Il commence aussi à écrire. Il rédigera neuf romans en russe pendant son séjour à Berlin.
Son premier livre intitulé « Machenka » évoque une histoire d’amour. Lev Ganin, émigré de Russie et personnage principal du roman, est nostalgique d’une demoiselle Machenka laissée en Russie.
Ce sentiment éprouvé pour Machenka est l’expression de la nostalgie ressentie par beaucoup d’émigrants russes ayant quitté leur pays d’origine, qui les accompagne tel un cavalier fou toute leur vie durant, comme Vladimir Nabokov le formulera en 1926 dans la préface de son roman. Malgré un séjour de 15 ans à Berlin et sans formuler un bilan négatif, il reste un étranger en Allemagne ne vivant que pour son travail et sa famille.
En 1923, il fait la connaissance de sa future femme Vera Slónim, fille d’un entrepreneur de Saint-Pétersbourg. Leur fils Dimitri, né en 1934 fera carrière comme chanteur d’opéra, pilote de courses et traducteur des œuvres de son père.
La famille refait ses valises en 1937. En effet, Vera est juive et particulièrement en danger dans cette Allemagne nationale-socialiste. Ils atterrissent à Paris, mais ceci ne constitue qu’une première étape à cet exil, la famille fuit rejoignant les Etats-Unis en 1940. Vladimir commence à écrire en anglais, conscient qu’il perd progressivement son public. Ses livres sont censurés en Union-Soviétique et les grandes communautés russes en exil à Berlin, Prague ou Paris se dissolvent à l’approche de la guerre. L’anglophilie de sa famille lui sert alors et il lui est relativement facile de commencer à écrire en anglais. Son premier roman en anglais intitulé « La vraie vie de Sebastian Knight » est publié en 1938.
Deux passions marquent en ait la vie de Nabokov : la littérature et les papillons, qui l’intéresse depuis sa plus tendre enfance. Il constitue sa première collection de papillons à l’âge de 16 ans, mais devra s’en séparer alors que sa famille émigre. Ceci se reproduira à plusieurs reprises, Nabokov étant toujours en fuite. En 1942, il devient chargé de recherche par l’université de Harvard grâce à ses connaissances des papillons et il travaillera jusqu’en 1948 en tant que « Research Fellow » en zoologie comparée. Un des papillons observés portera même son nom : Plebeius (Lysandra) cormion Nabokov.
Après six années d’interruption, il se remet à écrire : en 1948, la famille déménage à Ithaka dans l’état de New-York et Nabokov y enseigne la littérature russe à l’université Cornell. Dans « La transparence des choses », il se souvient de cette époque à laquelle il écrivit «
Voir le site internet professionnel sur Nabokov (En anglais)
Retour au Sommaire






Envoyer à un ami
RSS
Facebook
Twitter