"Un véritable coup d'Etat"
Le gouvernement a déjà destitué "à la hache" préfets, hauts fonctionnaires, directeurs de la télévision et de la radio publique, le Médiateur officiel (appelé avocat du peuple en Roumanie), les présidents du Sénat et de la Chambre des députés, et nombre d’autres fonctionnaires considérés infidèles. "C’est un véritable coup d'Etat, affirme l’eurodéputée roumaine Monica Macovei, ancienne ministre de la Justice à l’origine d’une réforme radicale du système judiciaire roumain très appréciée de la Commission européenne. Il est temps que les Roumains regardent cette vérité en face et qu’ils se mobilisent, sinon la dictature et la tyrannie peuvent s'installer à tout moment".
Une bataille pour la justice
Jeudi 5 juillet les socialistes se sont présentés au Parlement pour demander la destitution du président. Le vote devrait intervenir vendredi 6 juillet en fin d’après-midi, mais le résultat est connu d’avance, l’actuel gouvernement ayant réussi en quelques jours à prendre le contrôle des principaux leviers de l’Etat. Le problème c’est que le gouvernement a mis hors jeu la Cour constitutionnelle en amputant ses pouvoirs par ordonnance d’urgence. Le 3 juillet le président Traian Basescu a sommé publiquement le Premier ministre et les partis au pouvoir de « cesser immédiatement toutes les actions contre les institutions de l’Etat qui visent à mettre la justice sous contrôle. » C’est là le véritable enjeu, l’ex-Premier ministre socialiste Adrian Nastase ayant été condamné le 20 juin à deux ans de prison ferme dans une affaire de corruption. Du jamais vu en Roumanie, et d’autres hommes politiques devraient suivre. La bataille pour la justice est devenue un combat à couteaux tirés entre un système réputé pour sa corruption endémique et des institutions qui entendent faire respecter la loi.






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