La lettre que Katja envoie en réponse à la petite annonce provoque déjà un certain malaise chez Madame le professeur. Les deux protagonistes se rencontrent cependant à la gare au début du voyage. Il s’avère que Katja est une enfant négligée et mal éduquée, dont l’attitude cavalière rappelle celle d’une fille de mauvaise famille. Les deux personnages entament leur voyage, qui ne se déroule évidemment pas selon les prévisions de Madame le professeur.
Katja se charge de l’organisation du voyage sans rencontrer aucune résistance de la part de Madame le professeur, dont le malaise initial se transforme en fascination. La jeune fille porte en effet en elle tout ce que Madame le professeur n’a jamais vécu. Certes, en apparence, la jeune fille semble encore avoir gardé l’innocence de l’enfance, mais elle a déjà une grande expérience des hommes et n'a pas peur de ce qui est étranger et inconnu. En outre, Katja joue de son ambivalence sexuelle. Elle préfère porter des vêtements masculins, mais se maquille de façon exagérée. Pour la veuve du professeur, qui a peu l'expérience des hommes, Katja devient l'idéal érotique et la séductrice par excellence. Elle établit alors une véritable relation avec Katja et tombe même amoureuse de la jeune fille mystérieuse à mi-chemin entre l’enfance et la puberté.
L’abandon inconditionnel de cette femme adulte pour une jeune fille, qui se finira de façon dramatique, fait le lien entre le récit de Koeppen intitulé « Das klassische Italien » et le thème de Lolita. Le caractère énigmatique et cruel de cette femme enfant, qui entraîne la déchéance progressive de la femme plus âgée qui la désire, rappellent également le roman de Nabokov.
De plus, le roman joue avec des allusions à d’autres oeuvres littéraires (notamment « Mort à Venise » de Thomas Mann) et remet en question de façon ironique la « culture classique » dont l’un des éléments esthétiques fondamentaux est le culte rendu au jeune corps androgyne.
Bibliographie« Das klassische Italien ». In : Wolfgang Koeppen. Gesammelte Werke III. Erzählende Prosa (Œuvres complètes III. Prose narrative).
Publié par Marcel Reich-Ranicki en coopération avec Dagmar von Briel et Hans-Ulrich Treichel, 1986.
L’œuvre complète de Wolfgang Koeppen est éditée par la maison Suhrkamp Verlag
Retour au Sommaire






Envoyer à un ami
RSS
Facebook
Twitter